Mozambique: le calvaire des populations du nord du pays, victimes des jihadistes

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Dans le Cabo Delgado, les attaques perpétrées par des insurgés affiliés au groupe État islamique s’intensifient, jetant les populations sur les routes.

Au moins 33 000 personnes ont fui, en une semaine, les violences au nord du Mozambique, ravagé depuis trois ans par une insurrection jihadiste, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations des Nations unies (OIM).

Selon un bilan de l’ONG Armed Conflict Location, arrêté au 31 octobre dernier, 1 241 civils ont été tués en 2020, soit déjà plus du double du total de 2019. De son côté, le Programme alimentaire mondial dit venir en aide à près de 500 000 personnes dans le pays et s’inquiète du manque de moyens pour la réponse humanitaire. Alors que l’OIM déclare qu’au total le nombre de déplacés est passé de 88 000 à plus de 355 000 depuis le début de l’année.

Une armée dépassée

Derrière ces chiffres, il y a une réalité. La ville de Pemba, qui est le chef-lieu provincial du Cabo Delgado, voit arriver des vagues de personnes par la route, par bateaux, ce qui occasionne des naufrages, des morts en mer.

Les déplacés, désormais, gagnent aussi Montepuez, une autre ville du sud de cette province, et le reste du pays, ce qui devient un problème national pour le gouvernement. Les jihadistes shebabs semblent élargir chaque semaine leur périmètre d’action avec des attaques chaque fois plus violentes.

Dans une interview au quotidien suisse Le Temps, parue mardi 17 novembre, l’envoyé spécial de l’ONU au Mozambique, Mirko Manzoni, dénonce la présence de plus en plus forte de combattants étrangers. Il compare la situation à celle du Mali, en 2012, et appelle à fournir une aide militaire d’urgence à une armée mozambicaine complètement dépassée.