Le mouvement #MeToo rattrape le théâtre

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Les fauteuils rouges d'un théâtre (Photo d'illustration) - Flickr - CC Commons - Ian Bridge
Les fauteuils rouges d'un théâtre (Photo d'illustration) - Flickr - CC Commons - Ian Bridge

Quatre ans après le mouvement #metoo dans le milieu du cinéma, une nouvelle vague de témoignages voit le jour. Initiée sur les réseaux sociaux par une vidéaste et critique de théâtre sous le hashtag #metootheatre, cette campagne encourage des milliers de femmes à dénoncer les commentaires dégradants et agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans ce milieu.

Elsa (prénom modifié pour préserver son anonymat), parle pour la première fois de ce qu'elle a vécu. En 10 ans, elle a été victime de deux agressions sexuelles dans le milieu du théâtre. La première fois, c'était durant un festival: l'un de ses collègues a commencé à lui envoyer des messages, puis a tenté de l'embrasser.

"J'avais une vingtaine de textos, qui commençaient par 'J'ai envie de te voir, j'ai envie qu'on se voie...', et qui finissaient souvent sur 'J'ai passé la nuit à penser à toi, mes draps s'en souviennent, je me suis masturbé en y pensant...'", raconte-t-elle sur BFMTV. "Et à un moment, il y a trois minutes où j'étais seule. Il a commencé à me bloquer dans un coin et à essayer de m'embrasser. Il a pas réussi, je suis partie".

Elsa alerte alors sa direction et demande à ne plus se retrouver seule avec son collègue. Mais quelques années plus tard, elle est amenée à travailler une nouvelle fois avec lui.

"Ca m'a empêchée de dormir pendant des semaines, de savoir qu'il revenait", raconte-t-elle. "Pour moi, cette personne ne devrait plus travailler dans ce milieu-là. A un moment donné, ce n'est plus possible d'avoir ces comportements".

Des témoignages sur les réseaux sociaux

Depuis l'apparition du hashtag #metootheatre sur les réseaux sociaux, des milliers de femmes, comme Elsa, ont témoigné. Elles se disent toutes victimes de comportements très problématiques de la part de scénaristes, producteurs ou encore acteurs. Et dans toutes ces histoires, le même schéma se répète: des femmes, parfois jeunes, agressées par des hommes ayant un ascendant sur elle.

Il y a cinq ans, Nora est embauchée sur un projet avec six autres jeunes filles mineures. Très rapidement, le comportement du metteur en scène la met mal à l'aise.

"Plus je passais de temps avec lui, plus je me rendais compte qu'il avait un problème avec les jeunes filles. Et donc je surveillais qu'il ne soit pas problématique avec les comédiennes qui travaillaient avec nous", nous explique la productrice de spectacles. "Il n'y a jamais eu d'agression, mais les filles ne voulaient pas rester avec lui. Ce n'était pas normal, et je m'en suis rendu compte après".

Dernier acte en date dans le MeTooThéâtre, le tweet d'une vidéaste et critique de théâtre affirmant avoir été violée par un comédien a enflammé vendredi les réseaux sociaux, la jeune femme appelant les victimes d'agressions sexuelles dans le milieu du théâtre à témoigner. "J'ai été violée par un comédien de la Comédie-Française pendant le premier confinement, pendant que je faisais un malaise. Il est toujours membre de la Comédie-Française, même si la direction est au courant d'une plainte déposée". Posté jeudi soir le tweet de Marie Coquille-Chambel a été le point de départ d'une vague de soutien et témoignages.

"J'invite toutes les personnes harcelées sexuellement, agressée ou violées dans le milieu théâtral à témoigner avec le hashtag #metootheatre", poursuivait-elle dans un deuxième tweet, amplement partagé.

La jeune femme a reçu le soutien de l'élue écologiste Alice Coffin: "Immense soutien et admiration à toutes les personnes qui témoignent pour #MeTooTheatre", a posté la militante féministe, précisant qu'elle interviendrait "en Conseil de Paris la semaine prochaine à ce sujet".

Samedi, un rassemblement aura lieu à Paris afin de protester contre les violences sexuelles dans le théâtre.

Article original publié sur BFMTV.com

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