Le mouvement #MeToo prend de l'ampleur en Grèce: trois artistes sanctionnés

N.B.
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Le drapeau grec - Andreas Solaro - AFP
Le drapeau grec - Andreas Solaro - AFP

Trois vedettes du théâtre et de la télévision grecques ont récemment perdu leurs emplois à la suite d'accusations d'abus sexuels et de harcèlement qui se multiplient dans le pays, dans le cadre de la vague mondiale #MeToo.

Giorgos Kimoulis, considéré comme l'un des meilleurs acteurs du pays, a ainsi été déprogrammé du Festival d'Athènes et d'Epidaure cette année, a indiqué lundi l'organisation du plus important festival artistique du pays après une vague d'accusations de la part d'actrices. Le festival a déclaré que "des collègues de Giorgos Kimoulis s'étaient plaintes d'avoir été victimes d'insultes".

Lundi également, la télévision d'Etat ERT a déclaré qu'elle avait licencié un acteur, sans le nommer. Mais les médias grecs l'ont identifié comme l'un des meilleurs comédiens du pays, Petros Filippidis. La chaîne Mega TV a fait état la semaine dernière d'une lettre envoyée par trois actrices à la Guilde des acteurs accusant Petros Filippidis de comportement obscène.

L'acteur a été brièvement hospitalisé la semaine dernière, après avoir publié une déclaration par l'intermédiaire de son avocat appelant les médias à s'abstenir de mentionner son nom dans cette l'histoire.

"Vous me connaissez depuis 35 ans", indique le communiqué. "S'il vous plaît respectez ma femme et mon enfant, la vérité ne sortira pas d'un procès mené par la télévision".

Par ailleurs le directeur artistique du Théâtre national Dimitris Lignadis a démissionné dimanche de son poste, citant un "climat toxique de rumeurs, d'insinuations et de fuites".

Les trois hommes nient ces accusations.

Plus d'un millier de plaintes reçues en quelques jours

Peu de plaintes peuvent faire l'objet de poursuites, puisque les accusations font référence à des faits vieux de plusieurs décennies, donc certainement prescrits. La Guilde des acteurs grecs a indiqué avoir reçu plus d'un millier de plaintes de victimes présumées au cours des derniers jours.

Plus de trois ans après la naissance du mouvement #MeToo aux Etats-Unis, la loi du silence a été brisée en Grèce par l'athlète Sofia Bekatorou, deux fois médaillée olympique de voile.

Elle a déclaré en décembre que lorsqu'elle avait 21 ans elle avait été victime de "harcèlement et d'abus sexuels" de la part d'un membre de la fédération de voile dans sa chambre d'hôtel. Son témoignage a encouragé d'autres athlètes féminines, étudiantes, journalistes et actrices à prendre la parole.

La semaine dernière, le parti de gauche MeRA25 a suspendu l'adhésion dans ses rangs de l'un des compositeurs les plus connus de Grèce après qu'une chanteuse l'eut accusé d'avoir essayé d'avoir des relations sexuelles avec elle quand elle avait 14 ans.

Article original publié sur BFMTV.com