Le mouvement indigène d'Équateur miné par les divisions

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Ces luttes intestines éclatent au grand jour à une semaine du deuxième tour de l’élection présidentielle qui opposera le 11 avril prochain le candidat socialiste Andrès Arauz au candidat de droite Guillermo Lasso.

Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson

Affirmant avoir été victime d’une fraude électorale visant à empêcher sa présence au deuxième tour face au candidat socialiste Andrès Arauz, la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) et son bras politique le mouvement Pachakutik avaient décidé le 10 mars dernier d’en appeler au vote nul. Mais aujourd’hui les divisions refont surface.

Leader du soulèvement d’octobre 2019, Jaime Vargas fait partie des nombreux indigènes proches de la gauche radicale. Il n’avait soutenu que du bout des lèvres le candidat de Pachakutik Yaku Pérez pour qui il n’avait pratiquement pas fait campagne. Samedi, il a définitivement abandonné l’option du vote nul.

« Je suis le président du mouvement indigène de l’Équateur. Je suis ici pour soutenir la décision de nos nationalités et vous dire Monsieur Andrès que votre programme a l’appui absolu du mouvement indigène de l’Équateur. »

Absolu pourtant est un bien grand mot. Pachakutik a qualifié la décision de Vargas de « trahison » et la leader indigène Lourdes Tiban n’a pas oublié les avanies subies pendant le régime de l’ancien président Rafael Correa.

« M. Arauz, vous dîtes que la haine n’est plus à la mode. Mais où étiez-vous pendant les dix ans de régime de Rafael Correa? J’ai souffert dans ma chair dix des pires années de corruption, de haine et de persécution. Je n’ai pas de haine en moi, mais j’ai de la mémoire. »

L’ancienne candidate à vice-présidence du mouvement indigène Virna Cedeño a quant à elle annoncé son intention de voter pour le candidat de droite Guillermo Lasso.