La moutarde: derrière la pénurie, histoire d’une passion française

La moutarde est le troisième condiment le plus consommé en France après le sel et le poivre. Si l’Hexagone demeure le premier producteur européen et le premier exportateur mondial du produit transformé, il importe l’essentiel de sa matière première du Canada.

« Imaginons que le Canada, pour une raison quelconque, ne soit pas en mesure de fournir l’industrie française », écrivait en 2005 Françoise Decloquement, autrice d’un savoureux Petit traité savant de la moutarde. Elle s’inquiétait alors d’une production française dépendante à 95 % de graines venues d’outre-Atlantique. Seize ans plus tard, cette simple hypothèse est devenue réalité. Le dôme de chaleur de l’été 2021 a réduit de moitié la production du premier exportateur vers la France, lequel, fort heureusement, ne fournissait « plus » désormais que 80 % des besoins nationaux.

Une histoire-monde

En attendant, la graine brune – celle de la moutarde de Dijon – a été de loin la plus touchée par cette crise. En un an, son prix a été multiplié par cinq, quand celui du pot de moutarde a grimpé de 10 %. Les Français sont les plus grands consommateurs de moutarde au monde par habitant – un kilogramme par an – et cette pénurie a pris les allures d’un mélodrame dont les échos sont parvenus jusque dans la presse brésilienne. Chez les voisins belges, la situation n’est guère plus reluisante.


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