La motion de censure de la Nupes rejetée par l'Assemblée nationale

Pas de motion de censure à gauche - AFP
Pas de motion de censure à gauche - AFP

Coup d'épée dans l'eau. Sans surprise, la motion de censure déposée par la Nupes, quelques minutes avant le discours de politique générale de la Première ministre mecredi dernier, a été rejetée par l'Assemblée nationale ce lundi.

À l'issue d'un vote loin d'être serré, cette désaprobation de l'action du gouvernement a été écartée. Seulement 146 députés ont voté pour. Ce n'est même pas l'ensemble de l'intergroupe de la Nupes qui regroupe 151 parlementaires. Cinq députés de la Nupes n'ont donc pas voté pour elle. Pour être adoptée, il fallait que cette motion atteigne la majorité absolue, soit aujourd'hui 289 voix.

Cette "motion de défiance" comme l'ont finalement appelée les députés de l'intergroupe de la Nupes avait pour vocation de "clarifier" les positions politiques de différents groupes. Le RN et les LR avaient déjà prévenu qu'ils ne la voteraient pas. Le parti lepéniste n'hésitant pas à qualifier cette mesure des Insoumis de "bouffonnerie".

"Trois échecs pour Jean-Luc Mélenchon"

"C'est une demi-journée qui n'a pas été consacrée aux débats parlementaires à l'heure où les Français nous demandent d'agir sur l'urgence climatique et sur le pouvoir d'achat", a immédiatement commenté Olivier Véran à la sortie du vote, en reprenant la réthorique de la Première ministre quelques heures plus tôt.

Le porte-parole du gouvernement a tancé un résultat "très très loin de la majorité absolue".

"Il y a eu trois échecs consécutifs pour Jean-Luc Mélenchon", a déclaré Olivier Véran. "Le premier c'est le premier tour de l'élection présidentielle, le second lors des élections législatives et désormais cette forme de scrutin interne où il n'a pas réussi à rassembler ne serait-ce que le nombre total de voix que comporte l'intergroupe Nupes", a-t-il conclu.

Passes d'armes dans l'hémicycle

Lors des prises de parole des différentes formations politiques, l'ambiance au Palais-Bourbon était électrique, les Insoumis tentant de convaincre les autres forces d'opposition de les rejoindre.

Face à Élisabeth Borne, Mathilde Panot n'a pas mâché ses mots. "Vous êtes, à cette fonction, une anomalie démocratique", a lancé l'Insoumise, ouvrant les débats. "Vous ne tirez votre légitimité, ni des élections législatives, ni même du Parlement à qui vous n'avez pas demandé s'il vous faisait confiance pour conduire la politique de la nation", a-t-elle argué.

La Première ministre, en guise de réponse a dénoncé de son côté une motion de censure "cousue de procès d'intention".

"Aujourd'hui, Mesdames et Messieurs les députés, nous pourrions être en train d'agir pour les Français. Au lieu de cela, nous débattons d'une motion de censure cousue de procès d'intention, qui fait obstacle au travail parlementaire et de ce fait à la volonté des Français", a-t-elle déploré à la tribune.

Caricaturant un parti "fâché avec les institutions" qui n'ont dans l'hémicycle "pas de majorité stable, pas de majorité relative, pas de majorité tout court", la Première ministre s'est même fendue d'un jeu de mots reprenant le nom du programme du parti mélenchoniste: "L'avenir en commun a été remplacé par l'invective en commun".

Aussi rare qu'inefficace la plupart du temps, la motion de censure n'a fonctionné qu'une fois dans la 5e République. C'était en octobre 1962. Le gouvernement Pompidou avait été forcé à démissionner et des élections législatives anticipées -confortant finalement le pouvoir en place- avaient dû être organisées.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles