Motion de censure: Mélenchon appelle LR à cesser de jouer "les roues de secours" du gouvernement

Jean-Luc Melenchon lors d'une conférence de presse au Honduras le 18 juillet 2022 - - © 2019 AFP
Jean-Luc Melenchon lors d'une conférence de presse au Honduras le 18 juillet 2022 - - © 2019 AFP

Tard dans la soirée de mercredi, Élisabeth Borne a une nouvelle fois employé la disposition contenue par l'alinéa 3 de l'article 49 de la Constitution, permettant de se passer du vote des députés, moyennant l'engagement de la responsabilité du gouvernement. C'est la troisième fois consécutive que la Première ministre utilise ce procédé, et la seconde en ce qui concerne le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Invité ce jeudi soir du journal télévisé de France 2, Jean-Luc Mélenchon a justifié le dépôt, en réaction, d'une nouvelle motion de censure par l'opposition de gauche. "Nous avons déposé une motion de censure. C'est normal car le 49.3 est la négation du pouvoir du Parlement", a-t-il lancé.

L'espoir de la Nupes repose chez Les Républicains

C'est également la troisième tentative en ce sens de la Nupes, les deux premières ayant été rejetées. Se retrouvant autour d'un même texte plus tôt dans la semaine, les députés Nupes et ceux du Rassemblement national n'avaient pu rassembler que 239 voix sur les 289 requises pour faire tomber le gouvernement. Comment pourrait-il en être autrement cette fois? "Il peut se produire que les Républicains en aient assez de faire la roue de secours de la majorité", a suggéré Jean-Luc Mélenchon.

Mercredi sur son blog, l'ancien candidat à la présidentielle avait déjà appelé Bruno Retailleau, patron des Républicains au Sénat, à "prendre son élan", incitant la droite à rédiger sa propre motion de censure, promettant le vote "des autres oppositions".

Darmanin, un "menteur structurel" selon Mélenchon

Ce jeudi soir sur le plateau de France 2, l'Insoumis a fixé l'objectif: "Nous espérons, oui, faire tomber son gouvernement! Nous avons l‘espoir de devenir majoritaires". "La leçon est la suivante: nous sommes prêts à gouverner le pays, nous la Nupes", a-t-il souligné.

Une insistance comme une manière d'évacuer le soupçon jetée par la majorité sur d'éventuelles tractations en coulisses pour obtenir le concours du Rassemblement national à la motion de censure de la Nupes lundi. Sans aller jusque-là, Emmanuel Macron a d'ailleurs fustigé une "alliance" entre les deux forces sur France 2 mercredi soir.

"Il n’y a pas un Français qui croit un truc pareil. Il n’y a pas d’alliance, il n’y en aura pas", a balayé Jean-Luc Mélenchon. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait lui relayé l'accusation directement. Il s'est attiré cette réponse de l'ex-député élu dans les Bouches-du-Rhône: "Gérald Darmanin, qui est un menteur structurel, a dit qu’il y avait eu négociation. Mais on n'a rien négocié!"

L'insoumis espère une mobilisation sociale "d'ici la fin de l'année"

Pour lutter contre la politique du gouvernement, Jean-Luc Mélenchon ne s'en remet toutefois pas à la seule opposition parlementaire. Il table aussi sur un mouvement social, évoquant "des grèves dans les entreprises", et achevant: "Et nous la Nupes, nous appellerons le peuple à être dans la rue, dans les manifestations".

Il a même esquissé un horizon devant cette mobilisation qu'il appelle de ses vœux, l'espérant "d'ici la fin de l'année".

Article original publié sur BFMTV.com