Mosquée de Strasbourg: la maire EELV dénonce "une polémique créée de toute pièce"

Ambre Lepoivre
·3 min de lecture

Gérald Darmanin accuse la mairie de Strasbourg de "financer une ingérence étrangère" avec l'adoption d'une subvention pour la construction d'une mosquée soutenue par une association pro-turque. La maire de la ville s'en défend.

Des soupçons "d'ingérence étrangère" mettent la mairie de Strasbourg au coeur d'une polémique. Ce mercredi, le ministre de l'Intérieur a réitéré ses propos à l'encontre de Jeanne Barseghian, la maire de la ville (EELV), qu'il accuse de subventionner "une mosquée soutenue par une fédération qui défend l'islam politique".

"La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération" d'origine turque "qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France et qui défend un islam politique", a tweeté dans la nuit de lundi à mardi Gérald Darmanin.

"Le contrôle de légalité sera exercé"

L'association en question s'intitule Millî Görüs. Selon le ministre de l'Intérieur, "cette fédération pro-turque n'a pas voulu signer la charte des valeurs de la République" et, à ce titre, elle "n'est plus capable d'être dans le monde représentatif de l'islam de France".

Jeanne Barseghian assure cependant ne jamais avoir été mise en garde contre ce projet. L'élue affirme ce mercredi sur BFMTV que Gérald Darmanin ne l'a "jamais alertée sur les risques d'ingérence dont il fait état. Pour que l'on puisse garantir le respect des valeurs de la République, j'appelle le président de la République et son gouvernement à prendre leurs responsabilités et à nous transmettre l'ensemble des éléments dont ils disposent".

Et d'ajouter: "Si cette association pose de tels risques, pourquoi le gouvernement ne l'a-t-il pas dissoute? J'applique les lois de notre République, le contrôle de légalité sera exercé et si le gouvernement m'apporte les éléments dont je ne dispose pas, je prendrai bien évidemment mes responsabilités."

VIDÉO - Mosquée à Strasbourg : passe d'armes entre Darmanin et la maire EELV

"Instrumentalisation politique"

En attendant de tels éléments, Jeanne Barseghian dénonce "une instrumentalisation politique et une polémique créée de toute pièce". La numéro 2 des Verts, Sandra Regol, a défendu Jeanne Barseghian sur notre antenne ce mercredi:

"Cette mosquée a été lancée par l'ancienne municipalité, la première pierre a été posée en 2017, il me semble que le président était déjà Emmanuel Macron, que le préfet était (le même), et à ce moment-là l'association n'était pas considérée comme un problème".

Selon elle, l'édile strasbourgeoise "a choisi de mettre en place des structures suivies par des associations et la mairie, permettant d'avoir un islam vivant et respectueux des valeurs de la République" et de "lutter contre le terrorisme qui pourrait utiliser les mosquées clandestines pour ses réseaux". Au-delà de cette nouvelle attaque de l'exécutif, "cela devient lassant de monter de toutes pièces contre les écolos des affaires qui n'existent pas", estime-t-elle.

Tentatives d'ingérence pour l'élection présidentielle ?

Gérald Darmanin a quant à lui une nouvelle fois répété ce mercredi matin sur BFMTV et RMC que la mairie de Strasbourg "n'aurait pas dû financer une ingérence étrangère sur notre sol". "Nous considérons, nous, que nous ne pouvons plus traiter avec ces associations qui sont contre les valeurs" de la République, a-t-il insisté en soulignant que d'autres fédérations du CFCM avaient également refusé de signer la charte de la République.

Mardi soir, Emmanuel Macron a lui aussi mis en garde mardi sur France 5 contre des tentatives d'ingérence de la part de la Turquie lors de la prochaine élection présidentielle.

Article original publié sur BFMTV.com

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