Moscou s’apprête à vivre “la page la plus sombre de l’histoire du sport russe”

PHOTO: FABRICE COFFRINI/AFP

Les 97 pages d’un rapport très attendu en Russie ont été rendues publiques ce 18 juillet. Son auteur, Richard McLaren, un juriste canadien qui l’a rédigé à la demande de l’Agence mondiale antidopage (AMA), a confirmé lors d’une conférence de presse à Toronto que la Russie a bel et bien mis en place un “système de dopage d’Etat” et que le laboratoire de Sotchi a utilisé un “système d’escamotage des échantillons positifs” pendant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014. Le ministère des Sports russe est en outre accusé d’avoir “contrôlé, dirigé et supervisé les manipulations, avec l’aide active des services secrets russes”.

Le journal Moskovski Komsomolets décrit la portée de ce rapport comme “décisive” pour tout le sport russe. La veille, déjà, ce journal populaire ne mâchait pas ses mots : Sotchi a été un véritable conte de fées olympique. Pour les sportifs, pour les supporters, pour les journalistes.” Avec la publication du rapport de Richard McLaren sur les violations des règles antidopage pendant les JO 2014, “ils vont écraser notre conte de fées avec un rouleau compresseur”.

“Il n’est pas exclu que ce rapport, qu’on qualifie officieusement de ‘sanguinaire’, ait des conséquences irréversibles pour la Russie pendant plusieurs années”, prédisait amèrement le quotidien Sport-Express.


La date d’aujourd’hui risque de devenir la page la plus sombre de l’histoire du sport russe, car nous n’avions jamais fait face à une telle attaque. Il ne reste plus qu’à espérer que le Comité international olympique prendra une décision équilibrée et indépendante.”

Un complot qui n’a rien à voir avec le sport

Pour ne rien arranger au cas de la Russie, qui ne sera déjà pas représentée en athlétisme à Rio, une lettre émise par les agences antidopage américaine (Usada) et canadienne, peu avant que l’AMA ne dévoile les résultats de son enquête, demandait au président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, d’exclure totalement la Russie des prochains JO.

Le fait que Travis Tygart, le patron de l’Usada, “prépare et diffuse une lettre officielle citant le rapport, dont quasiment personne dans le monde n’est censé connaître le contenu – est révoltant”, dénonce Sport-Express. Le journal trouve particulièrement déplorable que la lettre appelle également à exclure des Jeux les sportifs paralympiques russes, qui n’ont pas été visés par les accusations de dopage. Et de conclure : “Tygart a fait une erreur de calcul évidente, en offrant à la Russie un argument de poids pour sa défense.”

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