Moscou menace de s’en prendre aux satellites commerciaux des Occidentaux

PHOTO PLANET LABS PBC/REUTERS

S’il s’avère qu’ils sont utilisés dans la guerre en Ukraine, l’armée russe pourra les détruire en représailles, a menacé un représentant de Moscou à l’ONU, sans donner plus de détails sur les opérateurs visés. Selon la presse, il s’agit essentiellement de Starlink, Maxar, Planet Labs et BlackSky.

Les satellites commerciaux occidentaux pourraient devenir des “cibles légitimes” pour la Russie s’il s’avère que ces appareils sont utilisés pour soutenir l’effort de guerre ukrainien, a menacé Konstantin Vorontsov, responsable adjoint de la délégation russe à la Commission du désarmement de l’ONU. S’exprimant le mardi 26 octobre, il a dénoncé ce qu’il a appelé “une tendance extrêmement dangereuse”, à savoir “l’utilisation par les États-Unis et leurs alliés de composants d’infrastructures spatiales civiles, notamment commerciales, dans des conflits armés”. Ces dernières pourraient devenir des “cibles légitimes de représailles”, a-t-il conclu, selon l’agence de presse officielle russe Tass.

Le responsable russe n’a pas cité nommément des opérateurs de satellites, mais selon Radio Svoboda, l’édition russe de Radio Free Europe-Radio Liberty, il s’agit essentiellement du système de communication par satellites Starlink d’Elon Musk, “largement utilisé par l’armée ukrainienne”. Radio Svoboda rappelle aussi que les États-Unis fournissent régulièrement des images provenant des satellites Maxar, Planet Labs et BlackSky et que les services de renseignements ukrainiens ont des liens directs avec les spécialistes de ces entreprises.

Missiles antisatellites et engins kamikazes

Toutes ces entreprises ont d’ailleurs fait l’objet d’attaques informatiques attribuées à des pirates russes. En février dernier, Elon Musk, PDG de SpaceX, avouait qu’il devait dépenser d’importantes ressources pour repousser ce genre d’attaques.

À cela s’ajoutent aujourd’hui ces menaces de destruction physique, digne d’un film de science-fiction. Selon les spécialistes militaires, la Russie a pourtant des capacités réelles pour effectuer de telles frappes : dans le cadre de son programme appelé Rudolf, son armée a déjà testé des missiles antisatellites, en en abattant au moins un (hors service) en orbite. Aussi, en 2004, Moscou a lancé le satellite Cosmos-2499, qui, selon plusieurs sources, est officieusement appelé “Kamikaze” car il peut détruire d’autres satellites en modifiant leur orbite.

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