Morts pour la France au Mali : le chagrin et la fierté

Ils étaient treize jeunes hommes engagés au nom de la France dans un conflit vieux de sept ans. Depuis 1963, 549 militaires ont été tués en Opex, dont 44 au Mali. Ils forment cette « cohorte héroïque » inscrite sur le Monument aux morts inauguré le 11 novembre par Emmanuel Macron. 

« Je m’ennuie à Paris, j’ai hâte de partir », écrivait à son frère Renaud le capitaine Romain Chomel de Jarnieu. C’était il y a deux mois. Aujourd’hui, Renaud est venu avec son frère, sa sœur et ses parents récupérer les effets du capitaine à Gap, dans les locaux du 4e régiment de chasseurs. L’air est frais, le ciel clair, les montagnes alentour blanchies par les premières neiges. Le père de Romain, l’amiral Benoît Chomel de Jarnieu, s’adresse à la troupe avec ces mots simples : « Il était très fier de vous. »

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Romain dirigeait le groupement de commando de montagne (GCM). Un leader pas comme les autres, passé par l’Essec, la banque Morgan Stanley et l’immobilier, avant de troquer le costard-cravate pour les bivouacs en altitude. « La famille nous a dit qu’il aurait préféré être notre ami que notre chef. Ça nous a beaucoup touchés », souffle un homme. « Il était câblé ++, un Penthium 15 », raconte un autre, encore épaté par sa rapidité. « Il disait : “Je ne sais pas faire, je connais un peu”, alors qu’il savait mieux faire que nous. » « Un jour, on portait des sacs de 50 kilos à l’entraînement dans les montagnes, le froid mordait. Il m’a confié qu’il était heureux de ne plus brasser de l’argent, il préférait le contact avec les hommes, la vie dehors », raconte le maréchal des logis Claude.

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