«Les Morts et les Autres», hanté diluvien

Libération.fr

Chaman. Le film de João Salaviza et Renée Nader Messora sur le deuil d’un jeune indigène brésilien part à la recherche du cinéma chez les esprits de la forêt.

Que veut le cinéma ? La question se repose à chaque fois, pour chaque film et à chaque séance. Dire qu’il veut tout implique de préciser pourquoi et comment il le veut, comment il l’obtient, s’il l’extorque. Le cinéma veut tout le monde ou le monde entier, et il le veut d’abord pour lui - la question de savoir pour qui il est fait vient ensuite, dans l’après coup du premier élan. Ce n’est pas une affaire d’intentions, bonnes ou mauvaises, tous les pavés de l’enfer moral : chaque film en a, dont il triomphe ou qui le dévorent, ce dont on peut juger si vraiment il le faut. Mais en dessous, comme première, cette étrange «volonté de film» d’un cinéma qui va partout, où il est et où il n’est pas, où il n’a pas encore été. Postulant qu’il y était déjà, qu’on l’attendait et que toutes choses, s’abandonnant, se filment d’elles-mêmes. Et même qu’il y est depuis toujours, la vieille torche mal éteinte de Lascaux (Europe). Que veut-il à la fin ? Tout n’est pas une réponse. Reprenons vite fait sa vieille histoire, la petite comptine de son siècle. Au plus fort de sa gloire, c’était l’évidence, que tout lui était dû, sous son règne. Alors sont venus les remords, la mauvaise conscience productrice : tuant la volonté en lui, pour la libération du monde, il pensait rentrer au «réel». Aujourd’hui, sans trop s’émouvoir, on se demande bien, où qu’il aille, ce qu’il fait là - et nous avec, tous ses complices, puisqu’il fait à nouveau semblant de rien. De quel empire, ruiné puis recouvert, il continue d’être hanté ? Comment les films font avec ça : le «cinéma» unique, brisé puis recollé, qui voulait tout avoir et n’a vu que lui-même, partout où il allait ? Dernière question, qui va avec : que faire sous la restauration ? Celle-ci n’a pas d’ailleurs et très peu de brèches.

Improvisation. On s’excuse d’être si long, là où il devrait (...)

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