Morton Subotnick, planant jubilé

Libération.fr

L’Américain jouera vendredi à Paris ses œuvres pour synthés, dont «Silver Apples of the Moon», composé il y a cinquante  ans.

Ils ne sont pas si nombreux, les artistes à avoir accouché d’une œuvre à ce point en avance sur son temps qu’elle demeure futuriste plus de cinq décennies après. Ils sont encore plus rares, ceux qui l’ont imaginée avant même qu’un ingénieur ait conçu l’instrument de musique qu’il leur permettrait de la composer. Le compositeur américain Morton Subotnick fait partie de ce panthéon exceptionnel puisque c’est en suivant ses instructions - ainsi que celles de Ramon Sender, qui cofonda avec lui le légendaire San Francisco Tape Music Center en 1962 - que l’ingénieur Don Buchla conçut en 1963 le premier synthétiseur pensé pour produire de la musique électronique en temps réel. Et la première œuvre d’envergure que Subotnick composa en se plongeant dans ses circuits en 1967, Silver Apples of the Moon, n’a rien perdu de son immense étrangeté, qui continue à tenir la dragée haute à la plupart des œuvres estampillées inouïes dix-huit ans après l’an 2000.

Chaotique, pulsée, atomique, cette œuvre en deux parties - la première consacrée à l’exploration des «pitches» (notes), la deuxième aux rythmes -faisait danser les hippies en montée à l’Electric Circus de New York. Subotnick y anima la très courue soirée d’ouverture au printemps 1967 avec un son et lumière extatique, et devint, par son statut de premier disque de musique électronique commandé par un label de musique classique, «un manifeste éclatant» (Laurent de Wilde). Il se vendit à plus d’exemplaires que n’importe quel disque de musique classique jusque-là.

«La musique électronique de Ligeti ou Stockhausen restait trop liée à leur musique non électronique, expliquait Subotnick à Libération début mars pour préciser sa démarche, technologique avant d’être esthétique. Pourquoi ne pas en profiter pour concevoir un chevalet musical avec lequel on pourrait repartir de zéro et composer une musique qu’aucun (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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