La mortalité infantile augmente en France après des décennies de baisse

Photo d'illustration - Philippe Huguen - AFP

Le nombre de décès d'enfants de moins d'un an pour 1000 naissances vivantes, est passé de 3,32 en 2012 à 3,56 en 2019. Une hausse qui ne s'explique pas pour l'heure, faute de données suffisantes.

Le nombre d'enfants morts avant leur premier anniversaire augmente à nouveau en France. Ce sont les conclusions d'une étude de l'Inserm parue fin février dans la revue scientifique The Lancet, et notamment décryptée par nos confrères du Monde dans la dernière édition du journal.

Le taux de mortalité infantile, à savoir le nombre de décès d'enfants de moins d'un an pour 1000 naissances vivantes, est passé de 3,32 en 2012 à 3,56 en 2019 (dernière année avec des données consolidées). Une hausse de 7% en l'espace de sept années. Un phénomène qui survient après une baisse importante de ce même taux entre 2001 et 2005, puis une diminution plus lente jusqu'en 2012.

"Des analyses en sous-groupes indiquent que cette hausse est principalement due à une augmentation du taux de mortalité infantile dans la période néonatale précoce", explique l'Inserm dans un communiqué, relevant un "excès" d'environ 1200 décès d'enfants âgés de moins d'un an.

Près de la moitié des décès constatés lors de la première semaine de vie

La période néonatale précoce s'étend de la naissance d'un enfant à la fin de sa première semaine de vie. Entre 2001 et 2019, les chercheurs de l'Inserm ont relevé que presque la moitié des décès de nourrissons (47,8%) enregistrés lors de la première année de vie avaient lieu au cours de cette première semaine de vie. En outre, 24,4% de ces décès survenaient même au premier jour de vie.

La France derrière ses voisins européens

L'Inserm explique par ailleurs que cette tendance "n'était pas liée à la modification des pratiques d'état-civil, ni à la modification des pratiques médicales pour la prise en charge des nouveaux-nés atteints d'affection grave".

D'autres données, rapportées cette fois par l'institut européen de statistique Eurostat, évoquent même un taux de mortalité infantile encore plus important pour l'année 2019 avec 3,8 décès pour 1000 naissances vivantes. C'est plus que qu'en Italie (2,4), qu'en Espagne (2,6) ou en Allemagne (3,2). Les pays scandinaves affichent pour leur part des taux de mortalité infantile encore plus bas avec 2,1 décès de nourrisson pour 1000 nouvelles naissances.

Dès lors, quelles sont les causes de cette hausse de la mortalité infantile en France? Là est toute la question, et tout le problème. Les données d'état civil n'incluent pas de données médicales comme le poids du nourrisson à sa naissance. L'état de santé et la situation de la mère (poids, âge, précarité ou non, fumeuse ou non...) est certes un facteur mais ne saurait suffire à expliquer la mortalité infantile du nouveau-né.

Le Pr Martin Chalumeau juge ainsi "primordial" de se pencher sur ce sujet, plaidant pour la mise à disposition"’d'informations systématiques sur les circonstances médicales et sociales précises de ces décès et en faisant de cette population, qui est la plus vulnérable, une réelle priorité de recherche et de santé publique, ce qui n’est pas le cas actuellement ".

Article original publié sur BFMTV.com

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