Mort de Vincent Lambert : le professeur Israël Nisand dénonce une "hypocrisie" et ne voit pas "l'avantage moral" d'une mort lente par rapport à une mort rapide

franceinfo
Le médecin, président du Forum européen de bioéthique, s'interroge sur l'aspect "cruel", selon lui, de la loi Claeys-Leonetti, qui interdit l'euthanasie mais autorise l'arrêt des traitements "sédation profonde et continue".

"Il faut pouvoir mourir dans la liberté", a déclaré jeudi 11 juillet sur franceinfo le professeur Israël Nisand, président du Forum européen de bioéthique, après l’annonce de la mort de Vincent Lambert par sa famille. "Où est la valeur morale de faire mourir lentement au lieu (...) d'une mort rapide ?", s'interroge-t-il. La loi Claeys-Leonetti de 2016 interdit en effet l'euthanasie et le suicide assisté mais autorise l'arrêt des traitements en cas "d'obstination déraisonnable" et prévoit une "sédation profonde et continue jusqu'au décès". "On est dans l’hypocrisie la plus totale", estime Israël Nisand.

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franceinfo : Quelle trace la mort de Vincent Lambert va-t-elle laisser ?

Israël Nisand : Elle laisse la trace d’une souffrance infinie, de la famille qui s’est déchirée de manière terrible, elle laisse la trace d’une souffrance pour Vincent Lambert car personne n’aurait envie de rester dix ans dans une incapacité de communiquer et de dire quoi que ce soit, ni de percevoir quoi que ce soit. Cela a un arrière-goût un peu difficile de sentir que les structures et les lois dont nous disposons dans notre pays peuvent conduire à un fiasco.

Le cadre d’aujourd’hui ne suffit plus ?

D’abord, les directives anticipées sont très peu utilisées par les Français. Je crois que c’est difficile d’écrire ce qu’on voudrait pour soi-même. Je crois qu'il n’y a pas (...)

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