Mort de Steve à Nantes: le procès du commissaire Chassaing s'ouvre lundi

Le procès du commissaire Grégoire Chassaing, qui dirigeait l'opération de police controversée durant la Fête de la musique au cours de laquelle Steve Maia Caniço est mort noyé à Nantes en 2019, s'ouvre lundi matin à Rennes pour "homicide involontaire".Lors de la Fête de la musique du 21 au 22 juin 2019, des sound systems diffusaient de la musique quai Wilson en bord de Loire, pratique tolérée jusqu'à 4H00 du matin.

Un policier passe devant une peinture murale en hommage à Steve Maia Canico, décédé lors de la Fête de la musique à Nantes en 2019 (Loic VENANCE)

Le procès du commissaire Grégoire Chassaing, qui dirigeait l'opération de police controversée durant la Fête de la musique au cours de laquelle Steve Maia Caniço est mort noyé à Nantes en 2019, s'ouvre lundi matin à Rennes pour "homicide involontaire".

Grégoire Chassaing, 54 ans, récemment muté comme chef de circonscription à Lyon, est la seule personne à être jugée pour la mort de cet animateur périscolaire de 24 ans.

Les autres personnes ou personnes morales qui ont été mises en examen ou placées sous le statut de témoin assisté dans cette affaire, dont le préfet Claude d'Harcourt ou la maire socialiste de Nantes Johanna Rolland, ont toutes bénéficié d'un non-lieu.

Lors de la Fête de la musique du 21 au 22 juin 2019, des sound systems diffusaient de la musique quai Wilson en bord de Loire, pratique tolérée jusqu'à 4H00 du matin.

"Peu après cette heure, les effectifs de la police nationale intervenaient pour solliciter l'arrêt de la diffusion de la musique, qui était refusé par les organisateurs d'un mur de son", indique le dossier de presse.

Des teufeurs mécontents jetaient divers projectiles sur les policiers qui répliquaient par le jet de grenades lacrymogènes.

"Au cours de la soirée, plusieurs personnes tombaient dans la Loire, depuis le quai", selon le dossier de presse.

Le 29 juillet, après plusieurs semaines de mobilisation des proches du jeune homme, un pilote d'une navette fluviale retrouvait le corps flottant de Steve Maia Caniço, dont la famille était sans nouvelle et dont la disparition avait causé un grand émoi dans la ville.

L'enquête permettait de déterminer que la chute de Steve avait eu lieu à un endroit du quai sans barrière à 4 h 33mn 14s, soit deux minutes après les premiers tirs par les forces de l'ordre.

"Pour la famille de Steve Maia Caniço, ça a toujours été clair que le responsable, et celui qui, j'espère, sera déclaré coupable, c'est Grégoire Chassaing en sa qualité de responsable du commandement de cette opération", estime Cécile De Oliveira, avocate des parties civiles.

Selon elle, il aurait "sans sommation et de manière disproportionnée", laissé ses effectifs "utiliser des grenades lacrymogènes en très grand nombre à proximité de la Loire, alors que le quai n'est pas protégé par des barrières et que du vent souffle cette nuit-là vers la Loire".

La défense de Grégoire Chassaing va elle plaider la chute accidentelle dans la Loire, sans aucun lien avec les tirs de gaz lacrymogènes par les policiers, sachant qu'à 3H12 Steve a envoyé un SMS à un ami indiquant "je suis trop fatigué j'ai besoin d'aide".

"Un témoin le voit chuter à peu près au même endroit où il dormait, à un mètre du bord", a expliqué Me Louis Cailliez, avocat du fonctionnaire, lors d'une conférence de presse à Paris avant le procès.

Le procès doit durer cinq jours, avec une trentaine de témoins et d'experts, selon le parquet. Le jugement sera mis en délibéré à l'issue du procès qui sera couvert par une centaine de journalistes.

Le prévenu encourt une peine de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

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