"Mort de Samuel Paty : "il cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir", selon sa sœur

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Un portrait de Samuel Paty est affiché sur la façade de la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, le 3 novembre 2020 (AFP/Thomas COEX)

Une sœur de Samuel Paty, assassiné il y a un an pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, décrit son frère comme un "puriste", "courageux", qui "cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir", dans un entretien lundi au quotidien La Croix.

Il s'agit du premier entretien accordé à la presse par un membre de la famille du professeur d'histoire-géographie, poignardé puis décapité le 16 octobre 2020 près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) par un jeune réfugié tchétchène radicalisé, tué peu de temps après par la police. "Samuel avait passé quinze jours de vacances chez nos parents dans l'Allier, avant la rentrée. Il avait discuté de cet EMC (enseignement moral et civique, sur les caricatures) avec ma mère, qui a été elle aussi institutrice", explique Gaëlle Paty, une libraire de 46 ans. "Il lui avait dit: +voilà, je ne sais pas trop comment présenter les choses...+ Il cherchait le meilleur moyen de faire réfléchir", ajoute-t-elle.

Selon sa sœur, personne dans la famille n'a "jamais été au courant de rien de ce qu'il a vécu durant la première quinzaine d'octobre". "Il n'en avait pas parlé à mes parents. Ma mère avait seulement relevé qu'il appelait un peu moins régulièrement", rapporte Gaëlle Paty. Interrogée sur le choix de son frère de montrer les caricatures à ses élèves, elle a répondu: "je ne les aurais pas montrées. Ou alors pas celles-là. Parce que je ne suis pas très courageuse... Je n'aurais pas osé aller à l'opposition frontale avec certains élèves. Samuel l'a fait, parce que c'est un puriste".

Le jour de sa mort, elle affirme avoir eu son premier contact avec les autorités après minuit. "Nous avons tout appris par la presse, y compris sa mort. C'est l'une des choses que nous n'allons jamais digérer", regrette-t-elle. Mme Paty décrit son frère comme un enseignant méticuleux et féru d'histoire, qui avait lu le Coran. "Il avait demandé à mes parents de lui rapporter un Coran de leurs vacances en Tunisie (...) Samuel n'était pas croyant, mais il voulait comprendre la foi des autres et savoir ce qui était écrit et ce qui ne l'était pas", explique-t-elle.

VIDÉO - Mort de Samuel Paty : les établissements scolaires lui rendront hommage le 15 octobre 2021 :

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