Mort du romancier sud-africain Karel Schoeman

Libération.fr
Collage de quatre couvertures de romans de Karel Schoeman, traduits en français aux éditions Phébus.

L'auteur d'«En étrange pays» et de «la Saison des adieux», qui écrivait en afrikaans, avait 77 ans.

Près de vingt-cinq ans plus tard, les fans du romancier sud-africain Karel Schoeman se souviennent encore du choc que ce fut, en 1993, de découvrir En étrange pays, paru aux éditions Robert Laffont. Un riche Hollandais, par un jour torride du XIXe siècle, arrivait à Bloemfontaine, alors capitale de la république boer de l’Etat libre d’Orange, future province d’Afrique du Sud, pour y mourir. Il prenait une chambre dans un hôtel, disposait son nécessaire de toilette en cristal avec des bouchons d’argent qui brillaient dans la pénombre. Mais la tuberculose ne le tuait pas immédiatement, l’austère et fragile voyageur prenait le temps d’avoir des sentiments pour un jeune pasteur, et surtout la sœur de celui-ci, une infirme, une poétesse. Ils discutaient à n’en plus finir sur le sens de l’existence. Le roman était d’une simplicité hautaine, là était sa beauté. L’Européen découvrait l’Afrique, le veld, désert d’herbe à l’immensité abyssale dont Schoeman aura célébré le silence dans tous les romans que nous connaissons de lui, notamment Cette vie (2009).

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C’est à Bloemfontaine qu’il est mort, comme son héros, dans la nuit du 1er au 2 mai. Il avait 77 ans et était né dans cette même région, à Trompsburg, village où il vivait, et où la correspondante de Libération l’avait rencontré en 2004, au moment de la traduction en France de la Saison des adieux. On apprenait qu’il avait fait une carrière de bibliothécaire, qu’il était désargenté, avait failli devenir prêtre, avait séjourné chez les franciscains en Irlande, avait été brièvement infirmier en Ecosse.

Des héros, comme lui, «extérieurs» au monde où ils vivent 

Contrairement à ses compatriotes, d’expression anglaise (J.M. Coetzee, Nadine Gordimer, André Brink), Karel Schoeman est un écrivain afrikaner. Il écrivait en afrikaans, la langue des colons (...)

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