Mort de la petite Andrea, 2 mois, en 1998: son père condamné à neuf ans de prison

Justine Chevalier avec AFP
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Le tribunal de grande instance de Valence (photo d'illustration). - Street View
Le tribunal de grande instance de Valence (photo d'illustration). - Street View

La mère de la petite Andrea espère désormais pouvoir faire son deuil. Le père adoptif de l'enfant, Cyril Siette, a été condamné à neuf ans de prison par la cour d'assises de la Drôme pour avoir tué cette petite fille en 1998 au Portugal alors qu'elle n'était âgée que de deux mois et 19 jours. Il devra également verser une amende de 20.000 euros à la mère du nourrison au titre du préjudice moral causé.

Le 18 mars 1998, l'homme aujourd'hui âgé de 43 ans avait secoué violemment l'enfant pour la faire taire, avant de la jeter sur le canapé, puis de la projeter contre un mur en lui donnant un coup de pied dans le ventre. A son arrivée à l’hôpital de Viano do Castello, au Portugal, où résidait alors le couple, Andrea Marie Siette était inconsciente, en état d´hypothermie et présentait des lésions à l’abdomen, notamment des brûlures. Elle est décédée le 1er avril 1998.

La mère de l'enfant, qui a dénoncé au cours de l'instruction des violences psychologiques puis physiques, avait porté plainte en 1999. Mais pendant sept ans, rien ne s'est passé. La justice française avait repris le dossier alors que le couple, séparé peu de temps après la mort de l'enfant, résidait dans l'Hexagone. Cyril Siette et Carla V. ont été entendus en 2003, mais en 2010, le parquet de Pontoise, dernière juridiction à avoir été chargée de l'affaire, a classé la procédure pour extinction de l'action publique.

Une procédure longue de 23 ans

Deux ans plus tard, la mère d'Andrea avait adressé un courrier au procureur de la République pour réclamer que ce crime ne reste pas impuni. Au terme de l'instruction, Cyriel Siette a été renvoyé devant la cour d'assises de la Drôme, où il résidait au moment de sa mise en examen, pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Une circonstance aggravante a été retenue par la juge d'instruction du tribunal de Valence, à savoir que ce crime a été commis sur une mineure de moins de 15 ans par une personne ayant autorité sur la victime.

"On pourrait engager la responsabilité de l’État pour des délais anormalement longs mais je ne pense pas qu’on le fera. Ce que l’on souhaitait, c’est que justice soit faite", a précisé Me Laure-Alice Bouvier à l’AFP.

Lors de son procès, qui a débuté lundi, l’accusé a expliqué ne pas se souvenir des faits. Pour l'avocate de la mère d'Andrea, la responsabilité de Carla Ventura n’a pas été mise en cause: "le tribunal a bien compris qu’elle était tout aussi victime que sa fille. J’espère qu'avec ce jugement ma cliente pourra clore 23 ans de sa vie". Le procureur avait requis à l'encontre de Cyril Siette une peine 15 ans de réclusion criminelle.

Article original publié sur BFMTV.com