Mort du petit Tony, battu par son beau-père: le parquet général fait appel de la relaxe du voisin

Justine Chevalier
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Un homme lors d'une marche blanche en hommage à Tony, ce petit garçon de 3 ans mort sous les coups de son beau-père en 2016 à Reims. - FRANCOIS NASCIMBENI
Un homme lors d'une marche blanche en hommage à Tony, ce petit garçon de 3 ans mort sous les coups de son beau-père en 2016 à Reims. - FRANCOIS NASCIMBENI

Alors que l'affaire dite du petit Tony, du nom de ce petit garçon mort en 2016 après avoir subi des violences répétées de la part de son beau-père, reviendra devant la justice début février, c'est un autre volet de ce dossier qui se poursuit. Le parquet général de la cour d'appel de Reims a décidé de se pourvoir en cassation après la relaxe du voisin de la famille, a appris BFMTV.com auprès du parquet général.

Jonathan L. a été relaxé la semaine dernière devant la cour d'appel de Reims alors qu'il comparaissait pour "non-dénonciation de mauvais traitements". La justice confirmait alors la décision prise en première instance par le tribunal correctionnel de Reims qui avait estimé au cours des débats en 2019 que "tout le monde avait entendu hurler Tony, à un moment ou à un autre".

"Il a fait ce qu'il pensait devoir faire"

Pendant cinq semaines, Tony, trois ans, a reçu des coups quotidiennement, s'intensifiant les derniers jours. Le petit garçon est mort le 26 octobre 2016 d'un éclatement de la rate et du pancréas. Du sang avait été retrouvé à de multiples endroits de l'appartement à Reims que partageait Caroline Létoile, la mère de l'enfant, avec son nouveau compagnon Loïc Vantal. Tous deux comparaitront devant la cour d'assises de la Marne à partir du 1er février, lui pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité", elle pour "non-assistance à personne en péril".

Le voisin, un homme de 34 ans, a toujours plaidé la bonne foi, reconnaissant avoir entendu que le petit recevait des coups parce qu'il faisait "pipi au lit", mais assurant avoir alerté le bailleur de l'immeuble. "Il y avait eu une intervention policière le lendemain, et les violences s'étaient tues", rappellait auprès de BFMTV.com Me Ludivine Braconnier. L'homme avait également exprimé sa crainte des représailles notamment envers sa compagne, malade, et décédée depuis d'un cancer. Cette dernière avait à l'époque affiché une pancarte pour sensibiliser aux violences faites aux femmes, mais aussi aux enfants.

"Mon client a fait ce qu'il pensait devoir faire, poursuivait l'avocate. Il n'avait pas une connaissance exacte de ce qu'il se passait dans ce huis-clos familial."

"Il n'a pas dénoncé les faits à une autorité judiciaire"

En première instance, puis en appel, le ministère public a requis une condamnation, avec dispense de peine, à l'encontre de Jonathan L., jugé pour "non-dénonciation de mauvais traitements". Devant le tribunal correctionnel, le procureur de Reims avait dénoncé "l'indifférence coupable" comme "une faute". Cet homme "a déclaré entendre tous les matins le jeune Tony se faire injurier et entendre qu'on lui 'mettait sa tête dans son pipi'. Ces faits à eux seuls constituent des maltraitances", explique le parquet général dans un communiqué pour justifier ce pouvoi devant la cour de cassation.

"Par ailleurs, il est établi" qu'il "n'a pas dénoncé les faits à une autorité judiciaire et administrative, poursuit le parquet général. Le texte demande une dénonciation et ne se contente pas d'une tentative. L'information des autorités aurait sûrement évité l'issue fatale" pour le jeune Tony.

Article original publié sur BFMTV.com