Mort de Mahsa Amini : la presse réformatrice iranienne tire à boulets rouges sur la police des mœurs

Comme la quasi-totalité des journaux iraniens publiés dimanche 18 septembre, le journal réformateur Ham-mihan a mis en avant la mort tragique de Mahsa Amini, jeune fille décédée à l’hôpital après son arrestation par la police des mœurs, chargée de faire respecter le port du voile dans le pays.

“Elle a perdu la vie pour un cheveu” qui dépasse, peut-on lire à la une du quotidien, au-dessus d’un dessin signé du célèbre dessinateur réformiste Hadi Heidari et représentant une série de dossiers tombant comme des dominos.

Chacun porte le nom d’une affaire liée aux victimes de la violence de cet appareil sécuritaire, dont celle de la détention fin juin des fillettes ayant retiré leur hidjab lors d’un rassemblement de skateboardeurs à Chiraz, dans le sud du pays.

Le quotidien présente Mahsa Amini comme “un trait d’union” entre les Iraniens et un symbole de “protestation commune” contre les abus commis par la police des mœurs, dont la violence a été critiquée à plusieurs reprises ces derniers mois.

“Le début de la fin” ?

Âgée de 22 ans, la jeune femme était en visite dans la capitale iranienne lorsqu’elle a été arrêtée le 13 septembre. Elle aurait été torturée, avant de s’effondrer dans les locaux de la police et de tomber dans le coma. Hospitalisée, elle perd la vie vendredi 16 septembre.

Sa mort a suscité une vague de colère et d’indignation, d’une ampleur inédite. Des manifestations ont eu lieu ces derniers jours dans sa région natale du Kurdistan, dans le nord-ouest de l’Iran, mais aussi sur les campus de la capitale, Téhéran.

Selon le journal, le décès de Mahsa pourrait signer le “début de la fin de la police des mœurs” et servir de catalyseur pour le “lancement des réformes des lois” concernant la tenue vestimentaire des femmes.

Depuis la révolution islamique de 1979 en Iran, la loi impose aux femmes un hidjab couvrant la tête et le cou tout en dissimulant les cheveux. Mais ces deux dernières décennies, de nombreuses femmes ont bravé cet interdit, notamment dans les grandes villes du pays, en portant le voile de manière à laisser apparaître une partie de leur chevelure, ou parfois en le retirant.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :