Mort de Justine Vayrac: comment la police scientifique collecte les indices et vérifie les pistes

Une voiture de police devant une ferme à Beynat, en Corrèze, après la découverte du corps de Justine Vayrac, le 27 octobre 2022 - DIARMID COURREGES © 2019 AFP
Une voiture de police devant une ferme à Beynat, en Corrèze, après la découverte du corps de Justine Vayrac, le 27 octobre 2022 - DIARMID COURREGES © 2019 AFP

Après l'annonce de la mort de Justine Vayrat, les investigations se poursuivent. Le corps de la jeune femme de 20 ans a été retrouvé jeudi enterré près du domicile du suspect, dans le Lot. Ce qui ouvre une nouvelle étape dans le travail des enquêteurs, mais aussi des policiers scientifiques, entre collecte d'indices biologiques et numériques et vérification concrète des déclarations du suspect.

La collecte d'indices

La mission des policiers scientifiques débute sur le terrain par la collecte du maximum d'indices possibles afin de dessiner le scénario des circonstances de la mort de la victime.

Les scientifiques "font des constatations sur les zones les plus importantes: domicile du suspect, véhicule éventuellement, devant l'établissement de nuit", explique à BFMTV le commissaire Pierre Pascaud, porte-parole de la police scientifique.

À ce stade de l'enquête, les policiers scientifiques ne travaillent pas seuls dans leur coin. "Ce travail de police scientifique se fait main dans la main avec les officiers de police judiciaire, avec les enquêteurs", précise le commissaire.

"Explorer toutes les pistes"

L'étude de ces premiers éléments doit se faire de façon "objective", souligne le porte-parole. "Nous n'avons pas de scénario pré-conçu" à ce stade de l'enquête, indique-t-il.

"Il faut être rigoureux, méthodique. Il faut prendre le temps d'explorer toutes les pistes", martèle-t-il, afin de ne pas laisser échapper un élément qui pourrait donner une nouvelle direction à l'enquête ou apporter des précisions essentielles.

Le commissaire explique que ce travail doit à la fois permettre "d'apporter des éléments robustes qui seront ensuite corroborés avec les éléments de l'enquête", par exemple les déclarations du suspect faites en garde-à-vue, mais aussi que les policiers scientifiques s'appuient sur le travail des enquêteurs.

"Évidemment, les enquêteurs orientent les policiers scientifiques vers les éléments les plus importants, les plus intéressants", déclare-t-il.

Des indices aussi numériques

Les éléments collectés sont de nature diverse. "Ça peut être des éléments classiques que tout le monde connaît: les prélèvements papillaires, biologiques, génétiques", liste-t-il.

S'y ajoutent les "prélèvements numériques". Il concerne à la fois les téléphones portables et les véhicules utilisés par toutes les personnes liées à l'enquête.

"Il est intéressant pour nous de pouvoir faire parler éventuellement des téléphones portables, à la fois sur le bornage téléphonique et puis sur le contenu numérique", détaille notamment le commissaire Pierre Pascaud.

Lucas L. a été mis en examen pour meurtre, séquestration et viol. Dans la nuit de mercredi à jeudi, ce jeune homme de 21 ans a avoué avoir tué Justine Vayrac, une jeune femme de 20 ans portée disparue après une soirée en discothèque.

Article original publié sur BFMTV.com