Mort de Jean-Paul Belmondo: un grand sportif aux multiples passions

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Jean-Paul Belmondo lors d'un combat de boxe - AFP
Jean-Paul Belmondo lors d'un combat de boxe - AFP

Pour le public, il était avant tout "Bébel", "l’As des as", "le Magnifique", un monstre du cinéma français, un acteur aux multiples facettes, une gueule, un cascadeur, un séducteur, aussi. Mais en dehors des plateaux de tournage, Jean-Paul Belmondo, mort ce lundi à l’âge de 88 ans, était également un mordu de sport, un vrai de vrai.

"Il y a des sports que je n’ai jamais pratiqués, mais il n’y en a aucun que je n’aime pas", résumait l’intéressé dans un entretien à L’Equipe, en 2016. Et de très nombreux témoins peuvent confirmer ses dires.

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Fidèle de Roland-Garros, féru de vitesse

On pense aux habitués de Roland-Garros, déjà. Pendant plus de 40 ans, Belmondo est apparu chaque année ou presque dans les loges de la Porte d’Auteuil en compagnie de son grand copain Charles Gérard, lui-même disparu en 2019. Ce qui lui avait valu quelques échanges cocasses, en plein match, avec Ilie Nastase ou Boris Becker, qui savaient parfaitement qui se cachait derrière ce visage familier. Tennisman amateur, lui-même se définissait comme un joueur d’attaque, "pas doué mais avec un bon mental", qui voulait "absolument gagner".

Belmondo, c’est aussi le(s) sport(s) de route. Le vélo, et les sorties avec Michel Drucker dans une lointaine époque, et la voiture, surtout. Bébel, qui faisait ses cascades lui-même, ne cachait pas sa passion pour la vitesse, même s’il n’a jamais voulu – ou osé – s’aligner au départ d’une course, contrairement à son fils Paul, à qui il a refilé le virus, et qui lui a embrassé une carrière de pilote.

Mais Jean-Paul Belmondo et le sport, c’est surtout deux disciplines fétiches, deux vrais amours: la boxe, et le football.

Marcel Cerdan son héros, la salle de boxe son autre maison

Mordu de boxe depuis sa tendre enfance, ce titi parisien a vibré très jeune devant les aventures de Laurent Dauthuile, le "Tarzan de Buzenval", de Claude Ritter, mais surtout de Marcel Cerdan, son "dieu", son héros. "J'aimais sa technique, sa hargne, son courage et sa vie en général. Je lisais tout sur lui", expliquait Jean-Paul Belmondo au Parisien en 2018, en présentant l’ancien champion du monde des poids moyens comme "le numéro 1" de tous les temps, devant Ray Sugar Robinson et Mohamed Ali.

C’est d’ailleurs pour marcher dans les pas du "bombardier marocain" que Bébel a poussé à 16 ans les portes de l’Avia Club pour grimper sur son premier ring, et disputer les années suivantes quelques combats dans des salles parisiennes. Combien? Neuf, douze, quinze… Difficile à dire. Cela dépendait des interviews, de l’humeur de l’acteur. "Est-ce que j’ai envisagé une vraie carrière de boxeur? Non... Mais c'était beau, se souvenait-il auprès de L’Equipe il y a cinq ans. C'est vrai que je boxais bien. J'avais une gauche qui faisait mal, mais je n'aimais pas recevoir des coups. Adolescent, j'aimais faire de la boxe et jouer au football, mais j'avais déjà le métier d'acteur en moi."

Le cinéma, c’est en grande partie ce qui a poussé Belmondo à raccrocher les gants. Sans jamais trop s’éloigner des salles. Même diminué, le "Marginal" avait assisté ces dernières années à la plupart des combats du poids lourd français Tony Yoka.

"C’est un grand personnage du cinéma français, confie ce dernier auprès de RMC Sport. Et aussi, pas mal de gens ne le savent pas, un grand personnage de la boxe en France. Il a fait énormément pour la boxe et beaucoup pour moi. Ça fait une dizaine d’années que je le connais, que j’ai eu la chance de le rencontrer. Il est venu à pratiquement tous mes combats. Forcément, c’est une mauvaise nouvelle pour nous. Je ne garderai que des bons souvenirs de lui. J’ai eu l’occasion de le voir à mes combats de boxe, en dehors, de discuter, de manger avec lui. On parlait de boxe, de son ascension. C’était une époque différente. Il n’y avait pas les réseaux sociaux, il me disait qu’il était un peu plus libre. C’est toujours plaisant d’écouter ses anecdotes. Il m’a dit de 'kiffer', de vivre ma vie. Il m’a dit qu’il avait fait ce qu’il voulait. Je fais deux mètres, mais à chaque fois que j’étais à côté de Monsieur Belmondo, je me sentais petit. L’homme est tellement imposant, grand. Tu avais juste envie de l’écouter parler."

Fan du PSG... et membre des fondateurs du club

Pour Belmondo, il y avait Cerdan et la boxe, donc, mais il y avait aussi René Vignal, l’ancien grand gardien de but du Racing, un autre personnage marquant de sa jeunesse. Devinez à quel poste Bébel, qui a commencé le football à l’âge de 10 ans, évoluait sur le terrain? Celui de portier, évidemment. Des années plus tard, c’est toujours dans les buts qu’il jouait lorsqu’il portait avec Sacha Distel et les autres le maillot des "Polymusclés", une équipe de célébrités, sorte de Variétés Club de France avant l’heure. Ce qui lui a valu d’affronter Raymond Kopa et Just Fontaine lors d’une rencontre de gala, ou de jouer devant plusieurs milliers de personnes au Parc des Princes, en lever de rideau du PSG, son équipe de cœur, dont il a d’ailleurs participé à la création en 1973.

Proche de Francis Borelli ou Daniel Hechter, Bébel avait en effet mis la main au porte-monnaie pour aider au lancement du futur grand club de la capitale. "C'était quelqu’un de fantastique. Jean-Paul, c'était Jean-Paul, tout le monde sait qui il était, raconte à RMC Sport Daniel Hechter. C'était un ami, et avec Just Fontaine, quand on a monté ce club, il nous a suivis tout de suite. Quand il a arrêté les Polymusclés, parce qu’il y avait des contrats et des assurances qui l’empêchaient de jouer, c'est moi qui l’ai remplacé. C'est comme ça qu'on s’est connu. Je l'ai connu au football, je l’ai toujours connu sportif. (…) Là où il y avait du sport, il y avait Jean-Paul."

S’il se définissait toujours comme un fan du Paris Saint-Germain, Belmondo avait toutefois pris ces dernières années ses distances avec les terrains, peu en phase avec l’évolution du ballon rond, et celle du PSG version Qatar. "Neymar, Cavani et Mbappé? Ils gagnent trop d’argent, soupirait-il auprès du Parisien en 2018. Ça tue l'esprit sportif." Un esprit que Bébel, malgré les années, malgré son sérieux AVC en 2001, s’est toujours efforcé de conserver.

Article original publié sur BFMTV.com

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