Mort de Frédéric Leclerc-Imhoff en Ukraine: Macron condamne les propos russes

GUERRE EN UKRAINE - La version russe ne passe pas du tout. À la sortie du sommet européen à Bruxelles ce mardi 31 mai, Emmanuel Macron s’est exprimé de manière approfondie sur la mort du journaliste de Frédéric Leclerc-Imhoff, tué en Ukraine lundi par un éclat d’obus russe.

“Je veux d’abord avoir un mot pour Frédéric Leclerc-Imhoff et sa famille, assassiné hier sur le sol ukrainien alors qu’il couvrait la guerre”, a d’abord exprimé le chef de l’État, réitérant au passage ses condoléances et son soutien à sa famille, ses proches et ses collègues, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

“Ce sujet ne peut pas rester impuni [... ] la France s’est toujours battue et continuera de se battre contre l’impunité”, a ensuite ajouté le président français. Il a fermement condamné les propos russes au sujet de la mort du journaliste de BFMTV, relayés notamment par l’agence de presse TASS, proche du Kremlin.

“Je veux condamner ici avec la plus grande fermeté les premiers propos que j’ai entendus d’officiels, remettant en cause le statut de journaliste de votre collègue ou sa présence sur le terrain”, a-t-il soutenu devant la presse. “C’est inacceptable”, a surenchéri Emmanuel Macron sur un ton grave.

“Les journalistes, les humanitaires doivent être protégés sur les lieux de guerre. Les civils doivent être protégés sur les lieux de guerre. Et on le voit bien aujourd’hui, la guerre qu’a choisi de mener la Russie contrevient à tout le droit international, et ce sujet ne peut donc pas rester impuni”, a fermement ajouté Emmanuel Macron pour clore ce sujet.

La mère de Frédéric Leclerc-Imhoff cible la TASS

La veille, TASS avait interrogé un officier de l’armée séparatiste pro-russe de la République populaire de Lougansk lequel avait assuré que Frédéric Leclerc-Imhoff n’était pas un journaliste mais un “mercenaire engagé dans la livraison d’armes aux forces armées”.

“Je ne le qualifierais pas de journaliste, car ses actions indiquaient une tout autre ligne d’activité. Il est tout à fait possible de le qualifier de mercenaire étranger. Et il est tout à fait clair qu’il était un complice des forces radicales d’extrême droite”, avait déclaré l’officier à l’agence de presse russe.

De quoi affecter profondément la mère de Frédéric Leclerc-Imhoff, qui a elle aussi souhaité réagir à ces propos. Dans une lettre partagée par BFMTV, elle exprime son dégoût face au traitement de la mort de son fils.

″À l’attention de l’agence Tass et des responsables de la RPL Bonjour. Je suis la maman du jeune journaliste que vous avez tué hier. Votre communiqué me donne la nausée. Bien sûr vous cherchez lâchement à vous dédouaner mais sachez que jamais vous ne réussirez à salir sa mémoire. Tout le monde ici connaît son engagement professionnel et personnel pour la démocratie, le respect humain et surtout une information libre, impartiale et honnête, toutes notions qui semblent bien éloignées de ce qui vous anime.

Aujourd’hui, mes pensées vont à toutes les mères ukrainiennes qui pleurent leurs enfants, tous les enfants ukrainiens qui pleurent leurs parents et toutes les mères russes qui ont vu trop tôt leurs jeunes partir soldats, qui ne les reverront pas et qui se demandent pourquoi.

Moi, au moins, malgré la douleur, je sais pourquoi mon fils est mort. Un jour, les véritables responsables de cette absurdité criminelle devront rendre des comptes”

Ce nouvel exemple de désinformation de la part de la Russie lui “donne la nausée” exprime la mère du JRI de BFMTV. Ne souhaitant pas s’attarder sur la manière dont le communiqué russe traite de la mort de son fils, elle tient surtout à mettre en lumière “l’engagement professionnel et personnel pour la démocratie” de son enfant.

Elle salue également “une information libre, impartiale et honnête” en comparaison des propos officiels russes et termine son message par deux phrases fortes de sens: “Moi, au moins, malgré la douleur, je sais pourquoi mon fils est mort. Un jour, les véritables responsables de cette absurdité criminelle devront rendre des comptes.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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