Mort de Frédéric Leclerc-Imhoff: blessé dans l'attaque, son collègue Maxime donne de ses nouvelles

Maxime Brandstaetter (à gauche) et Frédéric Leclerc-Imhoff lors d'un duplex sur BFMTV dans le cadre de l'émission Reporters de guerre.  - BFMTV
Maxime Brandstaetter (à gauche) et Frédéric Leclerc-Imhoff lors d'un duplex sur BFMTV dans le cadre de l'émission Reporters de guerre. - BFMTV

Lundi, notre journaliste reporter d'images Frédéric Leclerc-Imhoff a été tué par un éclat d'obus tandis qu'il couvrait une opération d'évacuation de civils ukrainiens près de Lyssytchansk, dans l'est du pays envahi par la Russie. Présent à ses côtés dans le même véhicule blindé, son collègue Maxime Brandstaetter a quant à lui été touché à la jambe. La fixeuse ukrainienne qui les accompagnait - Oksana Leuta - n'a pas été atteinte.

Aujourd'hui, tous deux sont à Dnipro, au sud du pays. C'est de là que Maxime et Oksana ont donné de leurs nouvelles à Dominique Mari, notre reporter présent sur place.

"L’un et l’autre ont l’air assez solide. C’était dur pour eux émotionnellement de se remémorer tout ça, mais Maxime sait aussi qu’il faut s’occuper tout de suite des stress post traumatiques", explique ce dernier.

Deux explosions dont une mortelle

C'est pourquoi le partenaire de Frédéric Leclerc-Imhoff est revenu auprès de Dominique Mari sur le récit de l'attaque ayant tué son collègue. On apprend ainsi que le reportage qu'ils voulaient faire avait été réalisé la veille par la télévision allemande qui s'était contentée d'utiliser un simple véhicule civil avec la mention "presse".

Pour leur part, Frédéric, Maxime et Oksana avaient la possibilité de prendre place dans un camion de 33 tonnes, semblable à ceux qu'on peut voir sur nos routes, à la différence près que celui-ci était blindé.

Le reportage commence, avec les policiers ukrainiens qui entourent le convoi humanitaire. A ce moment-là, Frédéric Leclerc-Imhoff filme depuis l'avant du véhicule, dans la cabine, juste derrière le conducteur. "Ils ont entendu une première explosion et puis quelques minutes plus tard une seconde avec un effet de souffle qui a troué le toit du camion censé être blindé", retranscrit Dominique Mari. Et d'ajouter:

"Puis ils n’ont plus eu de nouvelles de Frédéric. C'est là que tout s'est accéléré. Les policiers les ont extraits. Très vite, par le biais d'Oksana qui avait des informations via les policiers, ils ont appris que Frédéric n’avait pas survécu", explique-t-il.

"Un journaliste passionné"

Ce mardi, Maxime Brandstaetter a également pris la parole sur Twitter pour rendre hommage à son collègue tué dans cette attaque.

"Mes pensées vont vers Fred, sa famille, ses proches. C’était quelqu’un de tellement doux, attentionné. Un journaliste passionné qui était tellement fier et trouvait ça si important de raconter ce qui se passe ici. Je ne t’oublierai jamais Fred", a-t-il posté sur son compte.

Une enquête ouverte par le parquet antiterroriste

Après la seconde explosion, s’ensuit un parcours chaotique. Toute l'équipe a été conduite dans un commissariat de police non loin pour être protégée tandis que les bombes continuaient de tomber.

Désormais à Dnipro, ils ont été entendu par les policiers sur place. Parmi les questions en suspens, il s'agira pour les enquêteurs de comprendre si le camion a été délibérément ciblé ou s'il s'agissait d'un dommage collatéral. Pour rappel l'endroit visé était une route devant servir à l’évacuation de civils.

En France, le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête pour crimes de guerre. Si le meurtrier de Frédéric Leclerc-Imhoff est identifié et capturé, une issue française est envisageable dans ce dossier. L'avocat inscrit au barreau de Paris, William Julie, a ainsi soulevé la possibilité d'un procès en France.

"C’est possible, au titre de ce qu’on appelle la compétence passive", a-t-il soutenu.

"Des personnes arrêtées pourraient faire l’objet d’une demande d’extradition et le procès des responsables du tir pourrait alors se tenir en France".

Article original publié sur BFMTV.com

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