Mort d'Hubert Germain: sur les traces des premiers résistants à Londres

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Le dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain, s’est éteint mercredi 13 octobre à l'âge de 101 ans. Un hommage national lui sera rendu et sera présidé par Emmanuel Macron ce vendredi à 15h aux Invalides. Résistant de la toute première heure, il s'est rendu à Londres à 20 ans dès juin 1940. La capitale britannique recèle encore plusieurs lieux de mémoires de la Résistance française qui y avait son QG. Suivez le guide, un autre Hubert.

Hubert Germain faisait partie des 1038 résistants qui se sont engagés dès les premières heures au sein de la France Libre lors de la Seconde Guerre mondiale, recevant ainsi la distinction de Compagnon de la Libération.

Dès juin 1940, il avait rejoint le général de Gaulle à Londres, alors qu’il n’avait pas 20 ans, puis il avait combattu au sein de la Légion.

Hubert Rault, un Français, résidant dans la capitale britannique depuis neuf ans, s’est découvert une véritable passion pour ce sujet. « Il y a six ans, j’ai créé un tour : "sur les pas de la France Libre à Londres" », nous explique-t-il.

Ce banquier de profession a découvert qu’il restait un certain nombre de lieux portant la mémoire de la Résistance dans la capitale britannique. Il s'est alors dit que se rendre sur place était un « bon moyen de le faire connaître aux gens de passage, les habitants de Londres des lieux historiques chargés d’épopées exceptionnelles. J’ai toujours aimé Londres, la découvrir, marcher dans la ville c’est quelque chose de très agréable. »

L’Olympia National Hall, un lieu d'engagement

Après avoir débarqué à Liverpool, Hubert Germain rejoindra Londres où il rencontrera brièvement Charles de Gaulle à l’Olympia Hall, à l’ouest de la capitale britannique.

Hubert Rault explique : « C’est l’un des premiers centres où on venait s’engager. En juin 1940, on imagine que rien n’était prévu pour accueillir tous ces soldats qui débarquaient. Généralement, ils venaient par petits groupes. C’est avec des amis avec qu’ils ont traversé la mer ou comme Hubert Germain qui était parti du sud-ouest de la France en bateau, pour arriver en Angleterre. Ils viennent ici en habits civils. Les Anglais ont décidé que les Français qui rejoignaient Londres, on allait les mettre à l'Olympia Hall. Ce n’était pas prévu. C’est un hall d’exposition. Il y a des courses de chevaux, il y a des foires commerciales avant-guerre donc ce n’est pas du tout une caserne, mais ce lieu a l’avantage d'offrir beaucoup de place. Les Anglais apportent de la paille et les Français s’installent petit à petit. Il y a une photo qui montre des personnages en civil et il y a des marins et des personnes en uniforme. Ces gens-là sont en train de s’engager. Cette photo montre de jeunes gens comme Hubert Germain qui s’engagent. Il fallait avoir plus de 18 ans afin de s’engager. »

Pour beaucoup de personnes, ajoute ce passionné de De Gaulle, c’est « le début de la France Libre. Ils ont reçu la visite début juillet 1940 du général de Gaulle, quinze jours après son Appel. C’est marquant et Daniel Cordier le raconte très bien dans ses mémoires. Il voit cet homme qui fait presque deux mètres de haut, qui vient avec son képi, qui leur tient un discours qui est assez clair et engageant qui leur dit que quand la France est à terre, c’est le devoir de ses enfants de la relever. Il leur dit que, pour lui, c’est normal de s’engager. Tous les gens qui ont vu de Gaulle ce jour-là ont eu l’impression d’avoir un chef déterminé en face d’eux. Ça, c’est le premier contact que sans doute Hubert Germain a eu avec le général de Gaulle. Voir quelqu’un d’une stature très imposante leur tenir un discours de chef alors qu’ils ont vu leur patrie s’écrouler il y a quelques semaines de cela. »

Des pubs fréquentés par des Français libres à Londres

Les Français libres se retrouvent en Angleterre et « pour beaucoup d’entre eux, c’était une grande première. Ici, il y avait plusieurs centaines, voire quelques petits milliers qui sont passés ici. Ils ont donc découvert cette ville londonienne et ses institutions que sont les pubs en Angleterre. Comme The Hand and Flowers, qui a conservé le même nom, même s'il est beaucoup moins rustique aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque. »

Pour les Français libres, le dépaysement est total. Ils arrivent dans une ville en temps de guerre et une ville qui va également vivre au rythme des bombardements. Hubert Germain ne va pas rester si longtemps que cela à Londres. Il va passer la majorité de la guerre en Afrique, au Moyen-Orient, en Italie au combat.

Le rôle de la BBC

Le général de Gaulle établit sa résistance à partir de Londres. Il s'agit de montrer aux Anglais et à ses alliés que la France continuerait de combattre. Donc Londres est un centre politique. De Gaulle va y établir officiellement la capitale de la France Libre. « Londres est la capitale symbolique de la Résistance parce qu’il a accès à Churchill et il a accès à un moyen de communication exceptionnel et puissant à l’époque qu’est la BBC pour lancer des appels, pour parler aux Français. En Afrique, il construira à partir de la guerre des radios puissantes pour émettre en France, mais s’il était basé en Afrique, il n'aurait pas pu émettre jusqu’en métropole. Ici, la BBC émet sur les longues ondes en France », poursuit le guide.

Ces tours ils ont trouvé leur public, assure-t-il. Notamment un public scolaire parce que « beaucoup d’écoles françaises venaient à Londres, avant le Covid ». « Les principaux voyagistes scolaires avaient "les tours de la France Libre" dans leur programme et dans les bonnes années on recevait entre 1500 et 2000 élèves par an. Les élèves pouvaient ainsi voir les lieux dont on leur parle dans leurs cours d’histoire. » La BBC, le lieu où le Général de Gaulle a prononcé son célèbre Appel, son quartier général de la France Libre qui existe toujours... « Tout un bâtiment avait été mis à disposition de la France par Churchill. » Sans oublier la statue du général de Gaulle à Londres. « Il y a la statue de Churchill à Paris donc il se devait d’avoir une statue du Général de Gaulle à Londres », conclut Hubert Rault. Elle se dresse d'ailleurs derrière le parc Saint-James, à quelques pas du 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre que l'homme au cigare a longtemps fréquenté.

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