Mort dans un crash du PDG de Total : la thèse de l'accident mise en doute

Le 20 octobre 2014, peu avant minuit heure locale, le jet privé transportant Christophe de Margerie heurtait une déneigeuse empiétant sur la piste de décollage de l'aéroport Vnokouvo, à Moscou. La piste de l’accident était jusqu’à aujourd’hui privilégiée par les autorités russes, qui évoquaient une "négligence criminelle" du personnel et des dirigeants de l'aéroport.

Mais Patrick Vervelle, 59 ans, père de deux enfants, et qui a perdu son épouse Ruslana dans le crash, est déterminé à découvrir "la vérité". Plus de cinq mois après le crash, "il y a beaucoup trop de zones d'ombres dans cette affaire", dénonce-t-il ce samedi dans Le Parisien. La présence de la déneigeuse le surprend en premier lieu, "alors qu'il n'y avait pas de neige" ce jour-là.

Le comportement étrange du conducteur

Le veuf s’interroge aussi sur le comportement de Vladimir Martynenko, le conducteur du chasse-neige. "Martynenko a traversé la piste puis fait demi-tour et arrêté sa déneigeuse pile dans la trajectoire de l'avion", relève Patrick Vervelle. "Il a coupé le contact, éteint les phares et est descendu de son engin !" "Il a assuré qu'il était perdu mais il n'y avait pas de brouillard et il travaille à Vnoukovo depuis dix ans", s’insurge celui dont la vie a été "brisée", estimant que l'état d’ébriété du chauffard (0,6 grammes d'alcool dans le sang) ne suffit pas à justifier qu’il ait abandonné le véhicule sur la piste.

Patrick Vervelle ne comprend pas non plus pourquoi le personnel aérien a autorisé le décollage en dépit de l’encombrement de la piste, normalement indiqué par les radars.

Une rencontre avec les enquêteurs russes ce week-end

Christophe de Margerie, alors PDG de Total, revenait d’une réunion sur les investissements étrangers en Russie, où il avait rencontré le chef du gouvernement Dmitri Medvedev. Trois membres d’équipage étaient également à bord de l’avion privé, un Falcon 50, au moment du crash. Ils sont tous décédés.

Les familles du pilote, du copilote et de l'hôtesse de l'air se sont portées parties civiles pour faire la lumière sur le drame qui leur a enlevé leurs proches. L’époux de Ruslana rencontrera l’avocat du conducteur de la déneigeuse à Moscou ce week-end, ainsi que le bureau d’enquête russe.

Une lettre pour demander pardon

Quelques temps après les faits, Vladimir Martynenko avait adressé une lettre à ces familles : "J'ai le cœur déchiré" ; "je ne sais pas comment transmettre ma souffrance à la suite de cette tragédie dans laquelle vos proches ont péri. Je pense tout le temps à comment tout ceci a pu arriver. La nuit, cette interrogation ne cesse de tourner dans ma tête. Comme toujours, j'ai agi selon les instructions. Je ne comprends pas comment cela a pu arriver, comment ils ont pu mourir et moi rester en vie. Je suis désespéré. Je ne sais pas comment continuer à vivre avec cette cicatrice dans le cœur." "Pardonnez-moi, si vous le pouvez.»

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