Mort d’un monstre vivant

Libération.fr

Le cinéaste américain, qui a réalisé «la Nuit des morts-vivants» en 1968, s’est éteint à l’âge de 77 ans. Créateur de l’image du zombie moderne, il a dépeint le désenchantement contemporain. Et son œuvre ne s’arrête pas aux films d’horreur.

Le 4 avril 1968, en compagnie de son ami et partenaire John Russo, George Romero, 28 ans, roule à toute allure sur l’Interstate 99, en direction de New York. Calées dans le coffre de la voiture, les bobines toutes fraîches du petit film d’horreur qu’il vient de réaliser avec une bande d’amis dans les environs de Pittsburgh, la Nuit des morts-vivants. Soudain, la radio interrompt ses programmes et annonce l’assassinat de Martin Luther King à Memphis. Romero ne le voit pas encore mais son film, tourné en noir et blanc, à la manière d’un long newsreel d’époque, avec un acteur principal noir (Duane Jones) déployant une énergie folle afin de résister tant aux assauts de macchabées ahuris qu’à la désintégration d’un groupe de survivants cloîtrés dans une maison de campagne, vient de se charger d’une signification politique qui deviendra la boussole la plus évidente de son cinéma, à commencer par sa fameuse saga des morts-vivants (1968-2009). Chaque opus saura capter avec intelligence et espièglerie l’air catastrophique de son temps. Chez Romero, le zombie fait d’abord office de révélateur, de catalyseur, d’alibi surtout à une humanité qui trouvera toujours les moyens de courir à sa perte. Par excès de bêtise, d’individualisme et de conservatisme social (la Nuit…), par abdication idiote devant une société qui transforme ses citoyens en consommateurs béats (Zombie), par prolifération d’une paranoïa sécuritaire et xénophobe (le Jour…, The Crazies et Land of the Dead), par fascination aveugle pour ces nouveaux médias qui nous protègent d’un réel que plus personne ne veut (ou peut ?) regarder en face (Chronique des morts-vivants). C’est aujourd’hui, et depuis longtemps, un fait acquis. Il y a eu un avant et un après la Nuit des (...) Lire la suite sur Liberation.fr

Le modèle des invasions barbaques
Le zombie, militant malgré lui
The Walking Dead (2010-2017) Le zombie pour tous «28 jours plus tard» (2002) Le zombie qui court «Shaun of the dead» (2004) Le zombie parodique «Warm Bodies» (2013) Le zombie romantique Cinq évolutions héritées du maître Romero Dead Set (2008) Le zombie de télé-réalité
Chair
87 000 bacheliers sans place en fac Faut-il sélectionner ?

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages