La mort d’Ayman al-Zawahiri, le résultat d’années de traque

FILE PHOTO: Osama bin Laden sits with his adviser Ayman al-Zawahiri, an Egyptian linked to the al Qaeda network, during an interview with Pakistani journalist Hamid Mir (not pictured) in an image supplied by Dawn newspaper November 10, 2001.  Hamid Mir/Editor/Ausaf Newspaper for Daily Dawn/Handout via REUTERS/File Photo
Daily Dawn / via REUTERS FILE PHOTO: Osama bin Laden sits with his adviser Ayman al-Zawahiri, an Egyptian linked to the al Qaeda network, during an interview with Pakistani journalist Hamid Mir (not pictured) in an image supplied by Dawn newspaper November 10, 2001. Hamid Mir/Editor/Ausaf Newspaper for Daily Dawn/Handout via REUTERS/File Photo

Daily Dawn / via REUTERS

Sur cette archive datée de 2001, Oussama ben Laden est assis avec son conseiller de l’époque Ayman al-Zawahiri, devenu par la suite le chef du réseau Al-Qaïda.

INTERNATIONAL - « Ce dirigeant terroriste n’est plus », c’est par ces mots que Joe Biden a annoncé la mort de l’actuel numéro 1 d’Al-Qaïda ce mardi 2 août. « Samedi, sur mes ordres, les États-Unis ont mené à bien une frappe aérienne sur Kaboul, en Afghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri », a lancé Joe Biden pour annoncer la nouvelle.

Mais avant cette annonce depuis la Maison Blanche, il aura fallu beaucoup de temps pour mener à bien cette opération militaire. Cette attaque est, selon les États-Unis, le résultat d’années de traque, de mois de repérage et d’une frappe aérienne dans un ciel d’été.

« Samedi, sous ma direction, les États-Unis ont mené avec succès une frappe aérienne à Kaboul, en Afghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaïda : Ayman al-Zawahiri. Justice a été rendue », a écrit sur Twitter le président Biden.

Recherché depuis des années par les services secrets américains, et plus encore depuis la mort en 2011 d’Oussama Ben Laden à qui il a succédé à la tête de la nébuleuse jihadiste, Ayman al-Zawahiri semblait se terrer entre le Pakistan et l’Afghanistan.

Introuvable depuis plus de dix ans, l’homme qui était considéré comme un des cerveaux des attentats du 11-Septembre aurait d’abord été repéré par Washington en 2022 par l’intermédiaire de sa famille, cachée dans une maison de la capitale afghane, selon un haut responsable américain.

Un travail de renseignement confirme alors dans les mois qui suivent la présence d’Ayman al-Zawahiri lui-même sur place. Mais une difficulté de taille pose problème : cet Egyptien de 71 ans ne sort jamais de chez lui, obligeant les Américains à établir un plan précis (entre la structure de sa maison, les risques pour les civils ainsi que ces différentes habitudes de vie).

Une fenêtre de tir sur le balcon

Placés au centre du dispositif de décision dès le mois d’avril, Joe Biden et ses principaux conseillers profitent d’un cercle très restreint pour étudier la situation et prendre la décision au bon moment. Et c’est une routine de la cible des Américains qui va leur offrir leur meilleure chance.

« Nous avons identifié Zawahiri à de nombreuses reprises, et pour de longs moments, sur son balcon, là où il a finalement été abattu », a expliqué lundi soir un haut responsable américain. Pendant la préparation, en mai et juin, seuls une poignée de responsables américains sont tenus dans la confidence.

Le 1er juillet, un projet d’opération est présenté au président démocrate dans la « Situation Room », pièce ultra-sécurisée de la Maison Blanche où, selon une photo devenue célèbre, Barack Obama suivait en direct l’assaut contre Ben Laden en 2011, Joe Biden, alors vice-président, à ses côtés. À la suite de cette présentation, on amène même au président une maquette de la maison sécurisée pour qu’il puisse examiner lui-même et débattre des options possibles.

Le 25 juillet, le président – isolé en raison d’un test positif au Covid-19- rassemble ses principaux conseillers et « cherche à en savoir plus sur l’organisation des pièces derrière la porte et la fenêtre du troisième étage ». Il demande l’avis de tous puis « autorise une frappe aérienne précise et sur-mesure, » toujours selon un haut responsable américain ayant requis l’anonymat.

Bien aidée par les fameux missiles Hellfire R9X, la frappe de drone touche finalement sa cible à 6 h 18 (heure locale) sans faire le moindre dégât collatéral humain ou matériel dans ce quartier résidentiel. Un souhait précis du 46e président américain, qui n’aurait eu de cesse d’insister sur ce point, notamment vis-à-vis de la famille du chef terroriste, selon CNN. « Il s’est particulièrement attaché à s’assurer que toutes les mesures avaient été prises pour s’assurer que l’opération minimiserait ce risque » de pertes civiles, précise le haut responsable interrogé.

À voir également sur Le HuffPost : Ce « check » de Joe Biden en Arabie saoudite ne passe pas inaperçu

Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix.

Lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles