Un mort au Liban lors d'une nuit de manifestations contre le confinement

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UN MORT AU LIBAN LORS D'UNE NUIT DE MANIFESTATIONS CONTRE LE CONFINEMENT

BEYROUTH (Reuters) - Un Libanais a été tué jeudi à Tripoli lors d'affrontements entre des manifestants dénonçant les mesures de confinement et les forces de sécurité qui ont, selon des témoins et la presse locale, tiré à balles réelles contre des individus tentant de pénétrer au siège du gouvernement local.

L'homme de 30 ans, qui aurait été touché par une balle au cours des heurts qui ont éclaté en début de semaine dans la ville libanaise, est décédé des suites de ses blessures.

Selon des témoins et la police, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc contre les manifestants, qui eux-mêmes ont jeté des pierres, envoyé des cocktails Molotov et mis le feu à une voiture.

La police n'a fait aucun commentaire sur le recours ou non à des tirs à balles réelles pour disperser la foule.

Il s'agissait mercredi de la troisième soirée consécutive de troubles dans l'une des villes les plus pauvres du Liban, où les manifestants dénoncent les strictes mesures sanitaires imposées face au coronavirus qui, disent-ils, les empêchent de survivre face à l'effondrement économique du pays.

"Les gens sont fatigués. Il y a la pauvreté, la misère, le confinement et il n'y a pas de travail (...) Notre problème, ce sont les politiciens", a déclaré Samir Agha avant que les affrontements ne s'aggravent.

Les travailleurs humanitaires ont affirmé que la décision du gouvernement libanais, qui a imposé ce mois-ci un couvre-feu de 24 heures pour tenter d'enrayer l'épidémie, allait compliquer le quotidien des plus pauvres, qui représentent désormais plus de la moitié de la population du pays.

Human Rights Watch (HRW) a demandé l'ouverture d'une enquête sur la mort du manifestant survenue jeudi.

"Le gouvernement a négligé les besoins des habitants de Tripoli et a utilisé la force brutale (...) lorsque ceux-ci exigeaient une vie meilleure", a commenté Aya Majzoub, chercheuse à HRW.

Selon les médias publics, 226 manifestants et policiers auraient été blessés pendant les affrontements. La Croix-Rouge a précisé que les sauveteurs avaient transporté 35 personnes dans des hôpitaux, qui luttent à la fois contre des niveaux élevés de contamination au coronavirus et font face aux dommages causés par la violente explosion dans le port de Beyrouth intervenue en août dernier.

(Ellen Francis et Walid Saleh, avec Imad Creidi et Alaa Swilam, version française Jean Terzian et Juliette Portala)