Mort à 99 ans de l'ancien résistant et déporté Pierre Rolinet

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Un cimetière et un monument commémoratif à côté du camp de concentrations de Natzweiler-Struthof - Image d'illustration  - PATRICK HERTZOG / AFP
Un cimetière et un monument commémoratif à côté du camp de concentrations de Natzweiler-Struthof - Image d'illustration - PATRICK HERTZOG / AFP

Une page d'histoire. Ce lundi, l'Amicale nationale des déportés et familles de disparus du camp de Natzweiler-Struthof, unique camp de concentration situé en France, a annoncé la mort ce dimanche de l'ancien résistant déporté en 1944 Pierre Rolinet, à l'âge de 99 ans.

"Nous avons malheureusement appris son décès, survenu ce dimanche 24 avril au matin, à quelques semaines de son 100e anniversaire le 4 juin prochain", a indiqué à l'AFP Jean-Luc Schwab, président de l'Amicale. "La coïncidence veut qu'il s'en soit allé le jour même du Souvenir des victimes de la Déportation."

Libéré à Munich

Né en 1922 à Allenjoie dans le Doubs, Pierre Rolinet se forme au dessin industriel chez Peugeot, où il fera toute sa carrière. Pendant la Seconde guerre mondiale, il refuse de rejoindre le Service du Travail Obligatoire (STO). Licencié, il intègre un réseau de résistance, sous le nom de Pierre Georges.

Arrêté en possession d'armes par les Allemands en 1943, il est emprisonné puis condamné à mort, une peine commuée en déportation NN (Nacht und Nebel, nuit et brouillard), qualificatif du IIIe Reich pour les résistants déportés "condamnés à disparaître sans laisser de trace".

Il arrive en avril 1944, sous le matricule 11.902, au camp de Natzweiler-Struthof, où il reste plusieurs mois.

"Ce sont les communistes, qui avaient organisé au sein du camp une solidarité entre Français, qui m'ont sauvé", expliquait-il encore au quotidien régional l'Est Républicain en novembre dernier.

Evacué vers Dachau sous le matricule 101.460 en septembre 1944, à la fermeture du Struthof, il est ensuite transféré vers le camp d'Allach, près de Munich, qui sera libéré par l'armée américaine en avril 1945.

Camp meurtrier

Soucieux de préserver la mémoire, ce résident de Montbéliard, commandeur de la Légion d'honneur, a témoigné jusqu'à la fin de sa vie de son expérience, dans des écoles ou lors de visites au Struthof. Président de l'Amicale nationale des déportés de Natzweiler-Struthof de 2007 à 2017, il en était resté le président d'honneur

Natzweiler-Struthof était l'unique camp de concentration nazi situé en France, érigé en 1941 dans l'Alsace alors annexée au Reich hitlérien. Environ 17.000 détenus et déportés y ont été internés de mai 1941 à septembre 1944.

Il fut à la tête d'un réseau de 53 camps annexes voisins, totalisant avec lui 50.000 emprisonnements et près de 20.000 morts. Le camp de Natzweiler-Struthof fut l'un des plus meurtriers du système nazi, en dehors des camps d'extermination. Il abritait également une chambre à gaz où 86 Juifs et Juives furent tués.

Article original publié sur BFMTV.com

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