Un morceau de la navette Challenger retrouvé en plein triangle des Bermudes

Les images de la découverte de ce morceau de la navette Challenger seront diffusées le 22 novembre sur la chaîne History Channel.
History Channel / AFP Les images de la découverte de ce morceau de la navette Challenger seront diffusées le 22 novembre sur la chaîne History Channel.

ESPACE - Ils cherchaient un avion, ils ont trouvé une fusée. Des plongeurs à la recherche des restes d’un avion dans le triangle des Bermudes ont découvert au fond de la mer un morceau de la navette spatiale Challenger, ce vaisseau qui avait explosé après son décollage en Floride en 1986, causant la mort des sept membres d’équipages. Le segment, remarquablement conservé au fond de l’Atlantique, serait « l’un des plus grands morceaux jamais retrouvés », selon la Nasa.

Sur des images filmant leur découverte, faite au printemps 2022, deux plongeurs entourés de poissons font apparaître, de sous le sable, les emblématiques tuiles de protection thermique de la navette. L’un des deux plongeurs, Mike Barnette, a raconté à l’AFP avoir vécu de véritables « montagnes russes émotionnelles » en réalisant ce qu’il était alors en train de toucher.

« Quand on l’a trouvée, c’était beaucoup d’émotions différentes », s’est remémoré ce biologiste marin, dont le loisir est d’explorer des épaves au fond des eaux. « Je suis habitué à plonger autour d’épaves vieilles de dizaines, voire de centaines d’années, mais pas d’un bout du programme spatial ! » Après sa plongée, il montre les images tournées à un ami astronaute, qui le conforte dans sa découverte. Puis, quelques mois plus tard, la Nasa confirme qu’il s’agit bien de la navette Challenger.

Raviver les « leçons tirées de cette mission ».

« Ils étaient stupéfaits de la taille du morceau », raconte-t-il. La partie apparente fait environ 4,5 mètres sur 4,5. Mais le morceau s’étend sous le sable, enterré, et on ne connaît donc pour le moment pas sa taille totale. Une chose est sûre, « c’est l’un des plus grands jamais retrouvés », a déclaré à l’AFP Mike Ciannilli, employé de la Nasa depuis plus de 25 ans, pour l’essentiel sur le programme de la navette spatiale. Six navettes ont été construites en tout, dont une n’ayant jamais été dans l’espace.

Il s’agit sans aucun doute du dessous de Challenger, a expliqué le scientifique, mais difficile de savoir quelle partie du vaisseau exactement. Selon lui, l’analyse de ce morceau n’apportera a priori rien de nouveau à l’enquête sur l’accident lui-même, dont il « n’oubliera jamais » la vue, lorsqu’il était tout jeune.

Les causes de la tragédie ont en effet déjà été bien établies (des joints avaient gelé durant la nuit précédente). Observer la façon dont les matériaux ont vieilli pourrait malgré tout être intéressant. Mais surtout, souligne-t-il, le souvenir de Challenger doit aider à raviver les « leçons tirées de cette mission ».

Une diffusion à la télévision fin novembre

Après l’accident, le 28 janvier 1986, de vastes opérations avaient été menées pour retrouver des morceaux du vaisseau. Dix ans plus tard, deux nouveaux avaient resurgi sur une plage, après une tempête. Il s’agissait des derniers retrouvés jusqu’ici. Seul un morceau est exposé dans un mémorial ouvert au public au centre spatial Kennedy, en Floride, et les autres sont conservés non loin de là.

Au printemps dernier, les deux plongeurs étaient en réalité à la recherche d’un avion datant de la Seconde Guerre mondiale, pour un documentaire sur les disparitions dans le triangle des Bermudes. Le premier épisode, qui sera diffusé sur la chaîne History Channel le 22 novembre, aura finalement un vaisseau spatial pour vedette.

Mike Barnette a expliqué choisir les sites explorés grâce aux informations des pêcheurs, qui devinent où se trouvent les épaves au fond de l’eau car celles-ci attirent les poissons. Le site en question se trouve légèrement à l’ouest du triangle des Bermudes, et non en son sein, mais il était sur le trajet de vol de l’avion recherché. Le lieu exact de la découverte n’a pas été révélé pour ne pas attirer les curieux, mais se trouve juste au large de la côte.

Selon l’explorateur, il serait « très facile » pour la Nasa d’extraire le morceau de l’eau, mais un tel geste pourrait aussi « rouvrir des plaies ». Des discussions sont en cours, a précisé Mike Ciannilli, mais « quoique nous fassions, notre objectif premier est de nous assurer que nous honorons la mémoire et l’héritage de l’équipage, et leurs familles ».

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