"Elle a montré la voie aux femmes qui voulaient faire de la BD" : Claire Bretécher, une battante qui n'avait peur de rien

Claire Bretécher a croqué trois décennies de son regard perçant, sans jamais faire la moindre concession au politiquement correct.

Née à Nantes en 1940 dans une famille conservatrice, Claire Bretécher dessine depuis son plus jeune âge. Après un passage aux Beaux-Arts, elle n’a qu’une hâte : gagner Paris et la liberté. C’est chose faite à dix-neuf ans. Là, elle se met tout de suite au boulot, enchaîne les visites aux rédactions de journaux qu’elle démarche avec son accent tout droit sorti des films d’Éric Rohmer, et alterne les petits boulots et les cours de dessins qu’elle donne dans le secondaire. D’abord publiée dans Ici Paris et Rallye, elle débute véritablement sa carrière en vendant ses dessinsaux curés du groupe Bayard, qui publie notamment Le Pèlerin.

Rue Albert Ier, face à l’imposant immeuble du groupe de presse catholique, la jeune femme faisait la queue au milieu d’une cohorte d’auteurs, espérant voir un de ses dessins retenus. Déjà, elle devait se sentir bien seule : « C’est une pionnière », témoigne sa consœur et amie Florence Cestac, qui ajoute : « Elle a montré la voie aux femmes qui voulaient faire de la BD. Sans elle, jamais je ne me serais lancée. » Il faut dire que son style détonne : non contente d’être la seule femme dans un milieu intégralement masculin, Claire Bretécher impressionne par son talent, son culot et sa beauté : des traits d’une harmonie parfaite, un regard bleu cristallin, assortis d’un caractère bien trempé la rendent captivante à plus d’un titre. «

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