On a montré la série "Le meilleur des mondes" à un spécialiste d’Aldous Huxley

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Après que Ridley Scott ou Spielberg s’y soient cassés les dents, David Wiener (“Homecoming”) adapte le roman culte de 1932. Auteur de "Aldous Huxley, le prophète oublié", Jean-Claude Mary loue des efforts d’actualisation mais déplore que la force du message soit diluée.

Marianne : Le meilleur des mondes (Brave New World) imagine une société utopique interdisant monogamie, vie privée et famille. La série respecte-t-elle ce postulat ?Jean-Claude Mary : Oui, les éléments importants du roman sont repris. Baptisée New London, cette société met tout en oeuvre pour éviter la souffrance morale et réduire le tragique de la condition de mortel. Elle supprime ce qui peut créer des attachements et la douleur de la séparation. La série a également le mérite d'avoir introduit des actualisations. Le procédé tayloriste de fabrication des bébés fait place à des interventions génétiques. Le contrôle social utilise les ressources de la révolution informatique. Un vaste réseau mondial d'ordinateurs relie les individus, générant une intelligence supérieure à celle des êtres humains. Cela rappelle le Mouvement de la singularité du transhumaniste Ray Kurzweil. Les décors reproduisent bien les sièges des grandes firmes mondiales : open spaces, lieux de verdure, trentenaires visiblement heureux…Mais…Ce qui me gêne, c’est que la force du message du livre se dilue dans les images et l’intrigue. Le meilleur des mondes n’est pas, contrairement à ce qui est souvent dit, une œuvre de...

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