Montpellier: une action en justice menée contre le port du masque imposé dans le centre-ville

Hugo Septier
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Le port du masque est imposé dans le centre-ville de Montpellier - Image d'illustration  - Pascal GUYOT / AFP
Le port du masque est imposé dans le centre-ville de Montpellier - Image d'illustration - Pascal GUYOT / AFP

Imposé dans plusieurs villes en raison du coronavirus, le port du masque tend à se généraliser en France. Une mesure qui, si elle est plutôt bien accueillie, crise sanitaire oblige, est également critiquée. C'est le cas à Montpellier, où un habitant de la préfecture de l'Hérault intente une action en justice contre cette obligation, qui est selon lui une contrainte financière beaucoup trop lourde.

"Il faudrait avoir au moins deux masques par personne, c’est-à-dire 14 masques, tous les jours en ville. C’est une vraie difficulté. On n'a pas les moyens d’acheter des masques", a expliqué ce dernier, père de cinq enfants, auprès de France Bleu Hérault.

"Ramener un peu de proportionnalité"

Pour l'avocat du plaignant, Me David Guyon, qui a été approché par d'autres Héraultais souhaitant intenter le même type d'action auprès de la justice, la situation est effectivement épineuse pour les familles aux revenus modérés.

"La mesure est disproportionnée par rapport à l’objectif de santé publique. Elle met en difficulté les gens qui sont financièrement fragiles, puisqu’il n’y a aucune mesure financière compensatrice. [...] Ce qu’on demande, c’est de ramener un peu de proportionnalité ", explique-t-il sur notre antenne.

Pour ce conseil, la décision d'imposer le port du masque dans le centre-ville de Montpellier pourrait en réalité provoquer l'effet inverse à celui escompté.

"Un masque n'est efficace que quelques heures, vous êtes obligé d’en changer assez régulièrement. Si vous ne le faites pas, vous vous auto-contaminez, vous avez ce risque d’auto contamination et finalement le remède est pire que le mal. Cette question financière est importante et doit être posée devant les décideurs publics, qui prennent des obligations sans prévoir de compensations financières pour les plus défavorisés", ajoute-t-il encore.

"Une question de sécurité collective"

Du côté des autorités, l'argument financier n'est absolument pas recevable, d'autant plus que les collectivités locales se sont organisées afin de fournir des masques aux plus démunis.

"Nous avons distribué plusieurs centaines de milliers de masques, en ce qui concerne l’État, à destination des publics les plus sensibles, ou en tout cas ceux qui disposent des revenus les plus faibles. Les collectivités dans le département en ont distribué également plusieurs centaines de milliers. Le port du masque est une question de sécurité collective", assure, toujours auprès de BFMTV, Jacques Witkowski, préfet de l'Hérault.

L'audience est prévue le 10 septembre prochain.

Article original publié sur BFMTV.com