Montée des eaux : quelles conséquences pour la France ?

Un nouveau rapport du Giec alerte sur le phénomène de la montée des eaux. La France ne pourra pas y échapper. Ses littoraux vont se modifier tout comme la vie des populations.

La montée des eaux, déjà en cours partout dans le monde, pourrait avoir de nombreuses conséquences à l’avenir dans l’Hexagone, tant du point de vue du paysage que de la population.

Selon un rapport de l’ONU, pas encore rendu public mais que l’AFP s’est procuré, la montée des eaux va se poursuivre partout dans le monde et elle aura de graves conséquences. Elle provoquera notamment le déplacement de 280 millions de personnes, dans le cas où le réchauffement climatique se limiterait à 2 degrés.

Dans l’Hexagone, “le niveau de la mer monte de un à trois millimètres par an”, selon Laurent Testut, océanographe à l’université de Toulouse, interrogé par Franceinfo. “On sait qu’en 2100, selon les émissions de gaz à effet de serre, les eaux devraient monter d’environ un mètre, à plus ou moins 25 cm”, nous précise Anny Cazenave, chercheuse émérite au Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales à Toulouse.

Des zones submergées

De quoi transformer visiblement le littoral. D’abord, très logiquement, certaines zones seront submergées en permanence, notamment autour des côtes sableuses. “À partir du moment où on est sur des zones basses, comme, par exemple, des lits d’eau sableux (...) qui sont à peine quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, les risques de submersion marine augmentent de manière extrêmement importante dès lors que le niveau de la mer s’élève de 50 cm”, constatait Goneri Le Cozannet, chercheur au Bureau de Recherches géologiques et minière, dans une interview accordée à l’occasion de la COP21.

Il va donc falloir s’adapter. C’est d’ailleurs l’ambition du plan de prévention des risques littoraux. “On va essayer de faire des modélisations des submersions marines les plus précises possibles et qui prennent en compte les conséquences inévitables de l’élévation du niveau de la mer”, décrivait Goneri Le Cozannet. “Les endroits qui sont inondés par cette modélisation définissent une zone sur laquelle on interdit de construire de nouveaux bâtiments”.

Evénements extrêmes

L’autre conséquence de la montée des eaux, c’est la multiplications d’événements extrêmes, tant en quantité qu’en intensité. “Plus le niveau de la mer est haut, plus il y a de tempêtes hivernales ou de Cévenoles. Et donc plus les zones inondées sont grandes”, nous décrit la spécialiste Anny Cazenave.

Modification du littoral

Toujours selon Anny Cazenave, si le processus de montée des eaux est relativement lent, l’érosion des côtes sableuses est déjà très forte, en raison des événements extrêmes, comme les tempêtes hivernales. “La côte Aquitaine recule de façon spectaculaire”, ajoute-t-elle.

Les côtes rocheuses sont également en danger. “Les falaises, celles de Normandie par exemple, sont sensibles aux événements extrêmes, aux vagues, aux précipitations”, nous décrit la spécialiste. “Cela cause des fissures, l’eau s’y infiltre, donc les falaises se fracturent”.

Les populations touchées

L’immersion permanente de certaines zones et la multiplication d’événements extrêmes auront forcément un impact sur les populations. D’autant que les littoraux sont particulièrement peuplés.

Selon l’Observatoire de la mer et du littoral, en 2040, 9 millions de personnes pourraient vivre dans les communes côtières de la métropole et des territoires d’outre-mer. Parmi ceux qui vivent déjà dans ces villes, 850 000 sont dans des zones basses qui risquent d’être submergées à l’avenir, d’après un rapport du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie repris par National Geographic.

La population française - comme le reste du monde - va donc rapidement devoir trouver des solutions.

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