Mondial de volley: les Bleus s'arrêtent en quarts

Cette fois, le bras de fer a été perdu: deux jours après avoir dominé le Japon au bout du suspense (3-2), l'équipe de France de volley, championne olympique en titre, a cédé au tie-break contre l'Italie (26-24, 21-25, 25-23, 22-25, 12-15) en quarts de finale du Mondial, mercredi à Ljubljana.

Ainsi s'arrête, avant même le dernier carré, le rêve des Bleus de décrocher le premier titre de champion du monde du volley tricolore, le seul qui manque dans l'armoire à trophée, garnie d'un Euro (2015) et de l'or olympique, ramené de Tokyo l'été dernier.

C'est la deuxième fois de suite que la France rate le dernier carré d'un Mondial, puisqu'elle n'avait pas passé la deuxième phase de poules lors de la précédente édition, en 2018.

C'est aussi la deuxième fois de rang que la France ne voit pas les demi-finales d'une compétition internationale (hors Ligue des nations, remportée en juillet): elle avait pris la porte de l'Euro en septembre 2021 dès les 8e de finale (3-0) contre la République tchèque.

Le Brésilien Bernardinho était sur le banc, remplaçant du champion olympique Laurent Tillie avant de démissionner soudainement en mars pour raisons personnelles.

Il a été remplacé par la légende italienne Andrea Giani, dont le principal leitmotiv était d'apporter de la constance aux Bleus, afin qu'ils arrêtent de faire les montagnes russes en compétition, d'alterner performances de premier plan et sorties de routes précoces.

C'est raté pour cette fois. Sur un fil depuis le début de la compétition, avec une victoire renversante contre la Slovénie en poules (3-2) puis ce 8e de finale remporté au forceps face au Japon, la "Team Yavbou" a cédé.

Cette Italie jeune, ambitieuse et talentueuse, a fait subir sa loi en contre et en attaque, emmenée par sa pépite de 20 ans Alessandro Michieletto (14 pts) et le pointu Yuri Romano (22 pts), dans une Stozice Arena assez dégarnie mais acquise à la cause italienne. De nombreux supporters, en effet, avaient fait le déplacement depuis l'Italie voisine.

Les Italiens avaient bénéficié de deux jours de plus de récupération, qualifiés dès samedi en éliminant Cuba (3-1).

- Remontada avortée -

Cela a-t-il joué ? Les Français ont en tout cas faibli en fin de match: alors qu'ils menaient deux sets à un et 14 à 12 dans la quatrième manche, ils ont perdu un peu le fil pour laisser l'Italie arracher un tie-break.

Lors duquel ils ont espéré effectuer une folle remontada: menés 13 à 6, ils sont revenus à deux longueurs (13-11), grâce à une paire de blocks (contres) victorieux et une attaque d'Earvin Ngapeth.

Avant de sauver une balle de match mais de s'incliner sur la deuxième. Les Italiens, largement battus devant leur public à Bologne en demi-finale de la Ligue des nations en juillet (3-0), ont pris leur revanche.

Les Bleus pourront regretter l'absence sur blessure de leur réceptionneur-attaquant Kévin Tillie, touché face aux Japonais.

Tillie, qui avait été l'homme de la victoire face aux Slovènes en poules, aurait été sans doute précieux mercredi au relais de Trévor Clévenot, une nouvelle fois en échec en attaque (4 pts à 27% de réussite).

Earvin Ngapeth (15 pts à 32% de réussite) a de son côté livré une prestation en deçà de ses standards habituels, au service (1 seul ace) et en attaque.

Où, comme ses partenaires, il a parfois souffert face au block des Italiens (10 points sur des contres), qui affronteront samedi à Katowice en Pologne la Slovénie ou l'Ukraine. Les Bleus, eux, rentrent chez eux un peu plus tôt qu'envisagé.

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