Mondial: affaiblis, les Bleus prennent pied à Doha

Voilà les Bleus à pied d'œuvre au Qatar: malgré un nouveau forfait sur blessure, celui de Christopher Nkunku, la France a atterri mercredi à Doha à six jours de ses débuts au Mondial-2022, en attendant l'arrivée de Lionel Messi, en approche avec l'Argentine.

Attendu dans la nuit de mercredi à jeudi, Messi ne rêve que d'une chose, décrocher enfin le trophée suprême à sa cinquième tentative... Mais son jeune coéquipier du Paris Saint-Germain Kylian Mbappé ne compte pas lâcher le titre mondial si facilement.

Après deux jours de rassemblement au centre d'entraînement de Clairefontaine (Yvelines), essentiellement dédiés à la récupération, "Kyky" et les Bleus sont rentrés dans le vif du sujet mercredi.

Arrivés au Qatar vers 19h30 locales, soit environ 17h30 à Paris, ils ont pris leurs quartiers une heure plus tard à l'hôtel Al Messila, à l'ouest du centre-ville, acclamés par plus de 200 supporters et de passants, principalement des habitants de l'émirat, Français, Indiens ou encore Libanais.

La délégation française compte un absent de dernière minute: Nkunku. L'actuel meilleur buteur d'Allemagne a été victime d'une entorse au genou gauche mardi soir, et a dû déclarer forfait.

Après Paul Pogba, N'Golo Kanté, Presnel Kimpembe et Mike Maignan, qui ont aussi jeté l'éponge, c'est une hécatombe pour les champions du monde.

Le sélectionneur Didier Deschamps a décidé d'appeler en renfort l'attaquant de Francfort Randal Kolo Muani, qui rejoindra les Bleus jeudi matin à Doha. La Fifa permet d'opérer des changements dans la liste officielle des joueurs convoqués en cas de blessure sérieuse jusqu'à la veille de l'entrée en lice.

- Benzema et Varane préservés -

Malgré ces contretemps, les Bleus ont été réconfortés par les supporters, en arrivant à leur camp de base d'Al Messila, un havre de paix cinq étoiles apprécié par le staff pour ses espaces verts et sa tranquillité.

Devant l'hôtel, plusieurs dizaines de fans se sont regroupés en début de soirée pour les accueillir, équipés de drapeaux, maillots, trompettes et tambours.

"Pour moi, la Coupe du monde a toujours été un rêve, et là j'ai l'opportunité de voir mon pays jouer ici au Qatar, dans mon pays d'expatriation", s'enthousiasme auprès de l'AFP Nina-Lou Fanget, lycéenne de 18 ans vivant à Doha, qui trépigne d'impatience. "Pour nous, la Coupe du monde a déjà commencé depuis trois ans !"

Les Bleus restent néanmoins attentifs au rétablissement du leader défensif Raphaël Varane et du Ballon d'Or Karim Benzema, tous deux touchés à une cuisse et absents des séances collectives jusque-là.

L'autre préoccupation de l'équipe de France, avant le tournoi, est extrasportive: les Français ont été sommés de prendre position à propos des polémiques entourant le pays organisateur, ciblé par des ONG concernant sa gestion des droits humains, notamment sur les chantiers de la Coupe du monde.

Les critiques seront-elles éteintes par l'engagement pris mardi par les Bleus d'apporter un soutien financier à des ONG œuvrant "pour la protection des droits humains", en rappelant au passage leur "attachement" au "refus de toute forme de discrimination" ?

Leur capitaine Hugo Lloris a assumé auprès de l'AFP le fait de "garder le focus sur le jeu et éviter de perdre de l'énergie avec ces éléments, qui ne sont malheureusement pas du ressort" des joueurs.

- "La Pulga" à Doha -

D'autres sélections ont pris moins de pincettes. Le camp d'entraînement des Américains a été pavoisé d'un drapeau arc-en-ciel, celui des luttes pour les droits des personnes LGBTQ+, alors que l'homosexualité est criminalisée dans l'émirat, premier pays arabe organisateur du Mondial.

Les stars du football, elles, se prêtent au jeu des pronostics depuis quelques jours.

En Argentine, Messi a tempéré l'enthousiasme débridé de ses compatriotes : "Nous ne serons pas champions d'entrée comme le pensent les Argentins. Le Brésil, la France et l'Angleterre sont un peu au-dessus du reste."

"La Pulga" ("La Puce") et l'Albiceleste sont attendues tard mercredi soir à Doha: ils ont d'abord remporté un match amical contre les Émirats arabes unis (5-0), à Abou Dabi, avec un but du génie argentin.

Derrière les favoris, aucun complexe pour une brochette d'outsiders dont les Pays-Bas, triples finalistes malheureux (1974, 1978, 2010) et éternels candidats au titre mondial, qui se sont entraînés pour la première fois mercredi à Doha.

"Si je parle de pouvoir être champion du monde à la fin du tournoi, c'est parce que nous avons les joueurs qui peuvent mettre en œuvre les plans de l'entraîneur", a estimé leur sélectionneur Louis Van Gaal, qui avait emmené les Oranjes en demi-finale au Mondial-2014.

ama/jed/rbo/lh