“Monaco Yacht Show” : dans le monde des super-riches acheteurs de méga-yachts

VALERY HACHE / AFP

“Robinets en or en forme de perroquet, moquette en soie dans 232 nuances de couleurs, échelles de coupée en carbone et piscines dont le contour suit les lettres d’un prénom…” Ceci n’est pas un rêve consécutif à un gain à l’Euromillions, mais ce que Die Zeit est venu admirer au Monaco Yacht Show, l’un des plus importants salons spécialisés du monde, qui s’est tenu du 28 septembre au 1er octobre dans la principauté. Un endroit où les exposants rivalisent dans les catégories luxe et longueur. “Il n’y a que voler qui est mieux – ah mais non, on peut aussi décoller depuis un méga-yacht”, ironise l’hebdomadaire de Hambourg dès le sous-titre de son article.

Le journal est venu découvrir ce monde des yachts de grand luxe, fabriqués dans les matières les plus nobles, où aucune demande ou presque ne reste insatisfaite. Et l’événement lui paraît “complètement coupé de la réalité” – c’est le titre. Comme d’autres segments du luxe, l’économie des yachts est en plein boom. La valeur marchande totale des objets exposés à Monaco se compte en dizaines de milliards d’euros. Le temps d’attente pour la livraison d’un bateau est d’au moins dix-huit mois, à cause de la forte demande, mais aussi du manque de certains matériaux de construction. L’hebdomadaire observe :

“La crise mondiale de l’énergie n’est pas perceptible dans la principauté, et la pauvreté encore moins. Monaco est donc le lieu idéal pour un Salon du yacht, même s’il semble parfaitement déplacé en pleine guerre en Ukraine, alors que l’inflation et la crise de l’énergie font rage. On ne cesse de nous répéter que les Russes sont toujours solvables ; si quelqu’un fait malgré tout défaut, on met son projet en attente.”

Cynisme

Outre le contexte économique, il y en a un autre, climatique. La notion de “durabilité” fait partie des priorités affichées des organisateurs, assure l’hebdomadaire. Une promesse intenable vu les produits proposés. La tendance est au gigantisme. Si un navire de 50 mètres de long faisait encore figure de “méga-yacht” dans les années 2000, il convient aujourd’hui de dépasser les 100 mètres. Et la journaliste spécialiste des questions climatiques de renchérir :

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