Moldavie: à la frontière avec la Transnistrie, l'inquiétude monte

Depuis les explosions et les attaques de la semaine dernière dans l’État autoproclamé de Transnistrie, les habitants des villages frontaliers sont inquiets. À Serpeni, sur la rive droite du Dniestr, les familles étaient réunies, dimanche 1er mai, à l’occasion d’une fête religieuse.

Avec notre envoyée spéciale à Șerpeni, Juliette Gheerbrant

Goupillon à la main, le prêtre circule entre les allées, les enfants jouent entre les tombes de terre sur lesquelles les familles ont déposé des offrandes. Cette année, avec la guerre, la pâque des bienheureux a une tonalité particulière. « Est-ce que la situation va se dégrader ? Est-ce que la Moldavie est en danger ? Je ne veux pas le croire. Mais malheureusement, je ne voulais pas non plus croire à l’hypothèse d’une attaque contre l’Ukraine », témoigne Nadejda Luca, une professeure à la retraite qui ne se sent pas en danger, peut-être à tort, dit-elle.

Sa collègue Raissa Mihalas, qui enseignait le français, est plus inquiète. « On a eu déjà une guerre en 1992 .[…] Mais on ne partira pas », estime-t-elle.

« Choisir avec qui nous voulons vivre »

Parmi les jeunes, la confiance l’emporte. « Tant que l’on n’a pas d’informations claires des autorités disant qu’il y a un danger précis, on reste simplement en alerte. D’une manière ou d’une autre, on s’habitue et on attend au lieu de paniquer », raconte Cristina Luca, l’une des rares à vivre encore au village.

La jeune femme explique qu’elle compatit envers ses voisins de Transnistrie. Des gens, selon elle, déchirés, malheureux, victimes d’un pouvoir autoritaire et qui ne décident pas de leur sort. La semaine dernière, de nombreux habitants de l’État séparatiste ont traversé les points de contrôle pour se réfugier en République de Moldavie.

Depuis la dislocation de l’Union soviétique, la Moldavie a un statut neutre inscrit dans sa Constitution. Mais s’il n’est pas question de rejoindre l’Otan, elle a en revanche signé une demande formelle d’adhésion à l’Union européenne. « Nous avons le droit inaliénable de choisir avec qui nous voulons vivre », estime Veaceslav Plamadeala, membre du Parti libéral démocrate de Moldavie et maire du village de Puhaceni, qui jouxte la Transnistrie.

► À écouter aussi : Moldavie, la menace transnistrienne

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