Des molécules à la vie, l'expérience ultime

GRÉGOIRE DANGER

À Marseille, des chercheurs vont mener une expérience inédite pour traquer la première étincelle de vie. Et tenter de comprendre comment le processus du vivant s'est mis en place, depuis l'espace ou depuis la Terre. Reportage à l'institut Origines.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°911, daté janvier 2023.

De la chimie inanimée est née la vie. Tous les chercheurs s'accordent sur ce fait. Mais que s'est-il passé à cet instant exact de point de rupture entre ce qui est inerte et ce qui va être en mesure de se multiplier, d'évoluer, de se diversifier ? Quels sont les éléments chimiques, baignés dans le bon environnement, les pression et température adéquates, une exposition correcte aux rayonnements UV, qui, ensemble, ont produit la première étincelle de vie ?

Dans le laboratoire Piim (Physique des interactions ioniques et moléculaires) de l'institut Origines de l'Université Aix-Marseille, Grégoire Danger nous conduit devant le réacteur qui permettra peut-être, dans quelques mois, de livrer des débuts de réponse à cette énigme. Avec ses deux gants noirs fixés sur la vitre qui attendent que l'expérimentateur y enfile ses mains, le caisson paraît presque inquiétant, de nature à contenir un matériau ultradangereux. "En fait, c'est une enceinte qui permettra d'y déposer les résidus que nous souhaitons étudier dans un environnement aqueux proche de celui de la Terre primitive, explique le chercheur. Par spectrométrie de masse, nous serons alors en mesure de suivre leur évolution. "

Responsable de l'équipe Astro, Grégoire Danger conduit les expériences avec Louis le Sergeant d'Hendecourt et Robert Pascal. Après une première phase consacrée à la formation extraterrestre de molécules d'intérêt prébiotique, l'équipe s'apprête à redémarrer pour tenter de comprendre rien de moins que l'apparition de la vie. "Nous supposons, résume Grégoire Danger, que la matière organique nécessaire à l'éclosion du vivant est présente dans les comètes et les astéroïdes qui se sont échoués sur Terre il y a 4 milliards d'années. " D'ailleurs, cela peut sembler surprenant, mais les chercheurs ont une bien meilleure idée du contenu de ce réservoir venu de l'espace que de celui présent sur Terre à la même époq[...]

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