Qui est Mohammed Ben Salmane reçu ce jeudi par Emmanuel Macron à l'Élysée?

Mohammed Ben Salmane, surnommé MBS, est le prince héritier saoudien. - Fayez Nureldine - AFP
Mohammed Ben Salmane, surnommé MBS, est le prince héritier saoudien. - Fayez Nureldine - AFP

Il prendra la tête de l'Arabie saoudite après la mort de son père. Mohammed Ben Salmane est en visite officielle ce jeudi en France et sera reçu par le chef de l'État, Emmanuel Macron, à l'Élysée.

Surnommé "MBS", il a été désigné prince héritier saoudien en 2017 pour prendre la suite du roi Salmane, âgé de 86 ans. Mohammed Ben Salmane, 36 ans, pourrait d'ailleurs devenir le plus jeune de la dynastie saoudienne à accéder au trône.

Une influence grandissante

Il avait fait le choix de rester dans son pays pour ses études, à l'inverse de l'élite saoudienne qui part se former à l'étranger. MBS a rapidement cumulé plusieurs fonctions majeures à l'économie et à la défense.

Avant même d'être nommé prince héritier, il profite de son pouvoir pour procéder à 200 arrestations, dont des ministres et des princes, dans le cadre d'une vaste lutte contre la corruption. Mohammed Ben Salmane a réussi à s'octroyer "un pouvoir et une influence extraordinaires en très peu de temps", souligne auprès de l'AFP, Frederic Wehrey, spécialiste du Moyen-Orient à la fondation Carnegie, basée à Washington.

"C'est une machine intellectuelle et un stratège", affirme un responsable occidental cité par l'AFP sous couvert d'anonymat. Il est "parfois impulsif" et, quand il évoque ses projets, "il s'enflamme".

Il réforme le pays

Depuis sa nomination comme prince héritier, Mohammed Ben Salmane dirige de facto déjà le pays, annonçant différentes réformes. Son plan "Vision 2030" a pour objectif de moderniser l'économie saoudienne, dépendante du pétrole, pour la tourner vers les nouvelles technologies.

MBS s'est aussi attaqué au poids de la religion dans le pays en mettant de côté la police des mœurs, connue également sous le nom de la Commission de la promotion de la vertu et de la prévention du vice.

"Nous allons détruire les idées extrémistes aujourd’hui, immédiatement”, avait déclaré en octobre 2017 le prince héritier saoudien, selon des propos rapportés par Courrier international.

Mohammed Ben Salmane, monogame et père de trois garçons et deux filles, avait annoncé vouloir "revenir à ce que nous étions, un islam modéré, ouvert à toutes les religions et au monde".

Écarté de la scène internationale

L'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 au sein du consulat de son pays à Istanbul provoque une mise à l'écart de MBS de la scène internationale.

Le prince héritier saoudien est directement mis en cause dans les faits selon les services de renseignements américains. Dans un rapport publié en 2021, ils considèrent que Mohammed Ben Salmane a "validé" l'assassinat du journaliste saoudien.

À la fin 2021, le président de la République française, Emmanuel Macron, rend une première visite à MBS à Jeddah. Il explique alors parler au prince héritier pour pouvoir "œuvrer à la stabilité de la région", tout en expliquant ne pas être "complaisant" avec l'Arabie Saoudite.

Depuis, le président des États-Unis, Joe Biden, s'est également rendu le 15 juillet dernier à Jeddah pour un entretien avec Mohammed Ben Salmane. Cette rencontre a été critiquée par la fiancée du journaliste saoudien assassiné, d'autant que le démocrate avait promis en 2019 de traiter l'Arabie saoudite en "paria".

Article original publié sur BFMTV.com

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