Mode: l’univers fantastique de Thierry Mugler s’expose à Paris

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Après le succès rencontré lors de son passage à Montréal, Rotterdam et Munich, l’exposition « Thierry Mugler : couturissime » débarque finalement au musée des Arts décoratifs de Paris. La rétrospective sur le travail du créateur français est l’un des événements phares de la saison culturelle liée à la mode.

De nombreuses expositions en lien avec la mode ouvrent leurs portes à Paris pendant cette période de défilés du prêt-à-porter printemps-été 2022, qui a lieu du 27 septembre au 5 octobre. Afin de profiter de la visibilité de la Fashion Week, le musée Galliera lance ce 2 octobre un parcours permanent intitulé Une Histoire de la Mode et inaugure le même jour Vogue Paris 1920-2020, une exposition crée à l'occasion du centenaire du magazine iconique, tandis que la Cinémathèque française démarre le 6 octobre Cinémode par Jean Paul Gaultier, une histoire croisée du cinéma et de la mode imaginée par le couturier à la marinière.

Mais l’exposition la plus attendue semble être Thierry Mugler : couturissime, qui a ouvert ces portes jeudi 30 septembre au MAD, le musée des Arts décoratifs de Paris. Un événement très attendu. D'abord parce qu’il était prévu à l’origine pour octobre 2020 et a dû être reporté en raison de la pandémie, mais aussi parce qu’il rend hommage à l’un des couturiers les plus audacieux de l’histoire des podiums.

Mugler a lancé sa marque en 1973 et très vite a laissé son empreinte dans le monde de la mode, au point de devenir pour certains l'incarnation des bouillonnantes années 1980. Danseur de formation, ayant commencé sa carrière artistique au ballet de l’Opéra national du Rhin, il était l’un des maîtres dans l’art du défilé-spectacle, comme en 1984, quand il présente 350 tenues devant 6 000 personnes au Zénith de Paris. Un véritable show qui fait scandale avant même la levée des rideaux, puisque le couturier a décidé de mettre en vente 4 000 tickets. Fait inédit à l’époque, pour 175 francs, chacun pouvait, comme pour un concert, acheter sa place et pénétrer dans le monde élitiste des podiums.

Entre femme-objet et femme-sujet

Mais Mugler est avant tout le créateur de l’image d’une femme sensuelle, aux formes marquées et aux décolletés souvent plongeants, parfois futuriste, parfois organique. Une image qui divise, vue par certains comme l’avant-garde de l’empowerment féminin, mais par d’autres comme une caricature corsetée de la féminité exacerbée.

« La femme Mugler était tellement extrême que ce n’était pas une femme-objet, mais vraiment une femme-sujet », explique Thierry-Maxime Loriot, commissaire de l’exposition. Il emprunte d’ailleurs ce concept de « femme-sujet » à l’historienne de l’art et féministe américaine Linda Nochlin, qui utilisait le terme pour définir le travail du créateur français.

« Quand on regarde la femme Mugler, c’est une femme libre. Les vêtements Mugler n’étaient pas faits pour emprisonner la femme, mais pour lui donner cette liberté de devenir une actrice glamour de Hollywood, une femme-papillon, une femme-insecte ou une femme-robot », poursuit le commissaire.

De Diana Ross à Lady Gaga

Les insectes et les robots sont très présents dans le parcours présenté au MAD, de même que la constellation de stars qui ont porté du Mugler et qui ont contribué à sa réputation mondiale. De Diana Ross à Lady Gaga, en passant par Céline Dion ou Madonna, ou encore les plus grands mannequins depuis les années 1980, toutes ont été à un moment de leur carrière « sculptées » par Mugler. Sans oublier David Bowie, dès les années 1970, avec ses costumes aux couleurs improbables, ou encore des personnalités politiques. C’est par exemple grâce au col Mao revisité par le couturier que Jack Lang, alors ministre de la Culture, a eu droit à une huée de plusieurs minutes avant un discours à l’Assemblée nationale en 1985, seulement parce que la fameuse veste cachait la cravate obligatoire à l’hémicycle.

« Cela correspond à une autre époque. Il y avait une certaine liberté créative, où l’on pouvait se permettre de faire une pièce pour la création pure. Il n’y avait pas nécessairement les grands groupes de mode derrière les marques », souligne Thierry-Maxime Loriot.

Mais Mugler a su aussi s’adapter à la dimension commerciale de la mode, notamment par son activité de parfum. Ses fragrances ont connu des sommets de popularité et, pendant des années, un flacon de l’un des parfums Mugler se vendait toutes les 10 secondes dans le monde.

D’autres facettes du créateur

L’exposition montre aussi d’autres facettes du créateur, y compris celles développées après avoir tourné la page du monde de la mode en 2002 et changé de nom. Devenu Manfred T. Mugler, son nom de baptême, le couturier s’investit dans la photo artistique, mais surtout dans le monde du spectacle. Il fait des costumes de scène, notamment pour Beyoncé pendant sa tournée mondiale I Am..., pour laquelle il participe aussi à la chorégraphie et à la direction artistique, mais produit également ses propres revues, comme Mugler Follies, à Paris, ou encore The Wyld, fresque futuriste présentée au Friedrichstadt-Palast, la gigantesque salle berlinoise.

Un personnage multi-casquettes donc, et il le revendique. « Depuis toujours, je suis fasciné par le plus bel animal sur terre : l’être humain. J’ai utilisé tous les outils qui étaient à ma disposition pour le sublimer : la mode, la mise en scène de spectacles, les parfums, la photographie, la vidéo... », résume Manfred qui, par son audace et sa polyvalence, inspire des créateurs de mode jusqu’à aujourd’hui.

Thierry Mugler : Couturissime, jusqu'au 24 avril 2022 au Musée des Arts décoratifs de Paris

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