Mobilisation des réservistes en Russie: Poutine «fait monter les enchères»

Vladimir Poutine a décrété, lors d'une prise de parole très attendue, la mobilisation partielle de 300 000 réservistes et se dit prêt à utiliser « tous les moyens » disponibles pour « protéger » la Russie. Cette annonce intervient dans un contexte de recul de l'armée russe, et alors que des référendums d'annexion vont être organisés dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Entretien avec Nicolas Tenzer, directeur du journal en ligne Desk Russie et enseignant à Sciences Po Paris.

RFI : Vladimir Poutine annonce une mobilisation militaire partielle. Est-ce le signe d’une situation d’urgence pour l’armée russe en Ukraine ?

Nicolas Tenzer : On l’a vu déjà depuis quelques semaines et même depuis le début des opérations, l’armée russe est extrêmement fragile. Elle a essuyé des défaites considérables. Elle a perdu, vraisemblablement, plus de 50 000 hommes. Ce qui veut dire, en plus, 150 000 blessés. Donc, des unités entières ne sont plus capables de combattre. Là, elle cherche à faire, en quelque sorte, les fonds de tiroirs. Elle est déjà allée chercher un certain nombre de personnes dans les prisons pour en faire des soldats improvisés. Dans les hôpitaux psychiatriques et même des personnes âgées de plus de 50 ans, pas nécessairement très aptes à combattre. Et là, effectivement, il y a cette mobilisation partielle, tout simplement parce qu’il n’y a plus de soldats, il n’y a plus d’armée. Et on sait aussi qu’avec cette mobilisation partielle, cela ne va pas résoudre le problème parce qu’il faut quand même entraîner et former les soldats. Et ça, l’armée russe, aujourd’hui est tout aussi incapable de le faire.


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