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La "mob wife" ou la mafiosa, archétype mode de début 2024

La personnalité médiatique américaine Kylie Jenner assiste à la collection Jacquemus Womenswear Prêt-à-porter Printemps-Été 2024 à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, le 29 janvier 2024 (Valery HACHE)
La personnalité médiatique américaine Kylie Jenner assiste à la collection Jacquemus Womenswear Prêt-à-porter Printemps-Été 2024 à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, le 29 janvier 2024 (Valery HACHE)

L'algorithme est sans appel: la "mob wife", femme au charisme sexuel assumé, qui en a bavé pour bâtir un empire et le faire savoir à coup de lunettes de soleil griffées et accessoires clinquants, triomphe dans l'imagerie mode de ce début 2024.

La "mob wife" emprunte au style de Lorraine Bracco dans "Les Affranchis", la silhouette de Kim Kardashian et la froideur de Melania Trump.

"La mob wife est audacieuse, dure, aventureuse et affranchie", résume auprès de l'AFP l'une des influenceuses à l'origine de cette tendance, Sarah Jordan Arcuri (120.000 abonnés sur Instagram), américano-italienne de 29 ans du New Jersey versée dans cette esthétique depuis 2022.

La panoplie de la "mob wife" passe par de la fausse fourrure, de l'imprimé de marques italiennes, des bas moulants, du cuir et des talons vertigineux, du noir et des silhouettes très années 1980.

C'est au rayon accessoires que l'archétype prend vie: des bijoux dorés, de préférence à empiler, surtout pour les bracelets, et des ceintures chaînes en or à passer autour de la taille.

"Mettez tous vos bijoux en or offerts par votre mari sur vous, de toute façon vous ne vous en séparez jamais", explique, tout à son rôle, Mme Jordan.

La star du maquillage de TikTok, Mikayla Nogueira (15,3 millions d'abonnés) a publié un tutoriel viral sur la façon d'obtenir le maquillage parfait de la "mob wife" avec "des yeux charbonneux", khôl et faux cils à volonté et un rouge à "lèvres rouge foncé"

Les cheveux prennent en volume, style permanente et tignasse ébouriffée des années 1980.

- "Confiance en soi" -

Les égéries de cette esthétique sont, côté anglo-saxon, Dua Lipa, Kendall Jenner ou encore Hailey Bieber dans une version de cette figure féminine loin de la "femme trophée", avec un sac très cher mais pas d'homme au bout du bras.

Après une année 2023 marquée par le luxe discret (le "quiet luxury"), les codes de la bourgeoisie bon chic bon genre et la tendance de la "clean girl" prônant le minimalisme, 2024 prend le contrepied, observent les spécialistes de la mode sur les réseaux sociaux.

Car la mode se fait désormais autant pour la génération Z sur ces hashtags que sur les podiums, et l'un précède même désormais l'autre.

"Les recherches Google pour +mobwife+ ont "augmenté de 2.122% au cours des 90 derniers jours, quand sur TikTok le hashtag #mobwife a gagné 160,9 millions de vues et #mobwifeaesthetic a reçu 130,6 millions de vues", ont relevé les experts en tendance de Journo Research.

Et sur les plateformes, c'est le retour des films de mafia qui ont crée ces mythologies féminines, avec Elvira Hancock (interprétée par Michelle Pfeiffer) en épouse de Tony Montana dans "Scarface" (1983) ou de Carmela Soprano (Edie Falco), dans la série qui, hasard du calendrier, fête ses 25 ans cette année.

La tendance spirale aussi sur les réseaux sociaux au moment même où Netflix lance la série "Griselda" sur une baronne colombienne de la cocaïne dans les années 1970-1980 à Miami.

La polémique sur une possible "appropriation culturelle" de la femme de mafioso italo-américaine ou sur la "buchona", la femme de narcos sud-américaine, est venue ternir l'enthousiasme autour du hashtag.

Mais pour son initiatrice, italo-américaine et femme de restaurateur à succès Sarah Jordan Arcuri, la mob wife n'est pas une "philosophie de vie, de recherche de partenaire ou d'enrichissement".

"C'est juste pour se faire du bien et booster sa confiance en soi et s'émanciper. Ce n'est certainement pas que pour les Italo-Américaines, mais pour toutes les femmes qui le veulent", conclut-elle.

dar/may/sla