[MMA] Ciryl Gane: «J’ai franchi une étape à l’UFC»

·4 min de lecture

Ciryl Gane figure désormais à la 7e place du classement de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la référence en arts martiaux mixtes (MMA). Le Français a changé de dimension en battant l’ex-champion du monde des poids lourds, Junior Dos Santos. Il préfère toutefois relativiser sa situation à l’UFC. Entretien.

RFI : Ciryl Gane, suite à votre victoire du 12 décembre dernier face au Brésilien Junior Dos Santos, vous figurez désormais à la 7e place du classement des poids lourds de l’Ultimate Fighting Championship (UFC). Que cela représente-t-il pour vous ?

Ciryl Gane : C’est drôle, mais ça ne me fait pas grand-chose… En tant que sportif, pour ma carrière, c’est forcément quelque chose de bien. […] Quand on arrive dans le top 10, c’est vrai qu’on est dans un petit mouchoir de poche. On est entouré de combattants de très très très haut niveau. Quand on y est, c’est qu’on fait partie des hommes forts de la planète.

Lorsqu’on intègre le top 10 d’une ligue aussi prestigieuse et influente que l’UFC, change-t-on de dimension ?

Pour le moment, je n’ai pas l’impression d’avoir changé de dimension (rire). C’est compliqué de répondre… Je ne ressens pas encore ce changement. Ou alors, c’est peut-être moi qui ne veut pas changer de dimension.

► À lire aussi : Ciryl Gane, nouveau phénomène français du MMA

Mais trouvez-vous que les regards à votre égard ont changé, suite à votre victoire face à un ex-champion du monde ?

Oui. Il y a un peu le côté « ok, là, il a passé un vrai test en battant un ancien champion ». Mes anciens adversaires n’avaient pas forcément des grands noms. Ils étaient très bons et doués mais ils n’ont pas une longue carrière derrière eux comme Junior Dos Santos. On va donc dire que j’ai franchi une étape.

Votre victoire face à Junior Dos Santos a presque paru facile. Comment avez-vous vécu ce combat ?

La stratégie mise en place a très bien fonctionné. On était partie sur l’idée d’utiliser beaucoup de techniques de muay-thaï, ce qui est normal vu mon background [Ciryl Gane a été champion de boxe thaïlandaise avant de se mettre au MMA, Ndlr]. Il fallait ne pas être à distance de frappe. Juniors Dos Santos est un très bon striker. Or, lorsqu’on parvient à se tenir à distance, l’adversaire ne parvient pas à tenter des choses. Au final, il n’y a que moi qui boxe et ça peut donc paraître facile. Mais c’est juste que la tactique a été bien définie.

Ces derniers mois, vous deviez affronter des adversaires moins connus que Junior Dos Santos. Comment interprétez-vous le choix de l’UFC d’organiser ce combat face à un combattant beaucoup plus huppé ?

L’UFC voulait d’abord me tester face à des adversaires qui étaient à l’entrée du top 15, comme moi. […] Finalement, ça a été compliqué à organiser puisqu’il y a eu plusieurs annulations de combat de suite. Les dirigeants ont donc décidé de me faire passer directement à un niveau supérieur.

Mais ils ont dû négocier pour cela. Parce que les combattants mieux classés que moi n’avaient pas d’intérêt à affronter un mec ayant fait seulement trois combats à l’UFC, ayant une toute petite carrière, mais qui est tout de même embêtant.

Ils ont donc fait en sorte de s’arranger avec Junior Dos Santos.

Et l’année 2020 se termine donc bien. Pourtant, vous avez vu vos combats annulés cinq fois de suite ces derniers mois, à chaque fois pour des raisons différentes. Comment avez-vous fait pour garder le moral ?

C’est vrai que ça a été embêtant, ne serait-ce qu’au niveau financier. Mais j’ai la chance de pratiquer un sport dans lequel on est correctement payé. Et puis, ma famille et moi ne sommes pas dépensiers. Il a donc fallu rester optimiste, se dire que ça allait s’arranger, patienter et s’entraîner. C’est tout ce qu’il y avait à faire. Dans une situation comme celle-là, si on commence à se plaindre, on risque de vivre une mauvaise période. Ce qui n’aide pas.

L’UFC a-t-elle déjà prévu votre prochain combat ?

Pas du tout ! On est un peu dans le flou, cette fois, pour le coup. Il y a déjà plein de combats déjà bookés à l’UFC. On ne sait donc pas trop ce qui est prévu. On patiente. Mais je n’ai pas trop à réfléchir. Il ne reste plus beaucoup d’adversaires devant moi, au classement.

Si vous continuez sur votre lancée, combattre pour le titre de champion du monde des poids lourds dès 2021, cela vous paraît-il possible ?

Si j’arrive à disputer trois combats dans les huit mois qui viennent, pourquoi pas ? Fin décembre, ce serait possible. En fait, ça dépendra de la fréquence de mes combats. Mais pour y avoir le droit, il faudra gagner encore au moins deux ou trois combats.