MMA: Cheick Kongo, combattant français de premières

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Cheick Kongo sera la tête d’affiche du Bellator 248, le deuxième événement d’arts martiaux mixtes (MMA) organisé en France et le premier de grande envergure dans un pays qui a longtemps interdit cette discipline. Pour ce poids lourd âgé de 45 ans, pionnier du MMA dans l'Hexagone, c’est un « honneur » et un plaisir, après deux décennies passées sur le circuit professionnel.

« Je suis prêt à allumer le feu, comme chantait Johnny Hallyday ! » Voilà une référence bien française de la part du combattant tricolore Cheick Kongo lorsqu’on l’interroge sur son état d’esprit à quelques jours [1] du Bellator 248. Logique : le poids lourd sera la tête d’affiche du premier grand gala d’arts martiaux mixtes (MMA) [2] organisé en France, après des années d’illégalité du MMA dans ce pays.

Cheick Kongo s’était déjà produit sur le sol français, mais c’était dans d’autres sports. « Combattre devant mon public, ça risque de provoquer une charge émotionnelle chez moi. Ça ne me diminuera pas. Ça me transcendera peut-être », concède-t-il.

« Pour moi, c’est surtout un honneur »

La soirée, prévue à l’AccorHotels Arena de Paris, aura donc quelque chose d’historique pour le sport français, et ce même en présence d’un seul millier de spectateurs à cause de la Covid-19. « Est-ce que c’est une fierté ? Je ne sais pas, mais c’est plaisant, rit-il. J’essaie de faire les choses du mieux que je peux. Pour moi, c’est surtout un honneur ». Il ajoute : « Le fait d’être sur cette carte [du Bellator 248, Ndlr], c’est quelque chose de magnifique. Mais après, ce n’était pas une obsession. Si je dois boxer à Pékin ou à Pétaouchnok (sic), j’irai. Car je me dois surtout de valoriser et de démocratiser cette discipline à travers ma personne. Comme ça les gens se diront : "Tiens, il y a un Français qui boxe et c’est un phénomène." ».

Durant deux décennies, Cheick Kongo a dû en grande partie s’expatrier pour poursuivre sa carrière au plus haut niveau. Quarante-trois combats professionnels plus tard (30 victoires, 10 défaites, 2 nuls et 1 no contest), l’intéressé estime pourtant ne pas avoir trop souffert de l'interdiction en France et de la réputation de violence du MMA. « Dans ma génération, je suis le seul à ne pas avoir souffert. J’ai eu la chance de boxer dans de très très beaux galas », relativise-t-il.

Un pionnier

Il est vrai que son CV a de quoi faire rêver les apprentis champions. Après quelques années aux Pays-Bas, Cheick Kongo est en effet entré dans le saint des saints du MMA, l’Ultimate Fighting Championship (UFC). À l’UFC, il a été un des poids lourds les plus en vue de 2006 à 2013. Depuis, le Français fait les belles heures du Bellator, la deuxième plus grosse organisation d’arts martiaux mixtes au monde.

Pour autant, ce pur Parisien ne se voit pas comme une sorte de pionnier bleu. « Je me suis juste dit : "Voilà, tu portes les couleurs du pays. Tant qu’il faut représenter la France, on y va", lance-t-il. Je n’ai jamais craché sur qui que ce soit et sur mon pays. J’ai fait ce que j’avais faire. On a besoin de moi ? Je lèverai le bras. Et on ira de l’avant ».

Finir en beauté

À 45 ans, Cheick Kongo sait toutefois qu’il n’est plus très loin de la retraite. « À mon âge, j’ai encore toutes mes dents, rigole-t-il. Je ne veux pas lier ma future retraite à une perte de chicots (sic). Mais le plus tôt sera le mieux. Si j’arrive à aller au terme de mon contrat avec le Bellator, ce sera magnifique. Bref, ça devrait être d’ici un an, un an et demi ». Avec, si possible, une troisième tentative pour le titre de champion du monde du Bellator [3].

D’ici là, une autre idée ne déplairait pas à cet ancien champion de kickboxing : prendre part au premier gala de MMA organiser sur le sol africain par l’une des trois grandes organisations [4] de ce sport. Car Cheick Guillaume Ouedraogo de son vrai nom, fils de burkinabè et de congolaise, est également très attaché au continent d’origine de ses parents. « Oh, ce serait magnifique. Ce serait comme si j’étais Georges Foreman ou Mohamed Ali. Bien sûr, je préfère me ranger du côté du gagnant », plaisante-t-il.

[1] Entretien réalisé le 24 septembre 2020.
[2] Le MMA Grand Prix a été organisé le 8 octobre 2020 à Vitry-sur-Seine, près de Paris.
[3] Cheick Kongo avait échoué en 2014 face au Russe Vitaly Minakov. Puis sa deuxième tentative, face à l’Américain Ryan Bader, avait été arrêtée (No Contest) à cause d’un doigt reçu dans l’œil.
[4] Les organisations américaines UFC et Bellator, et la singapourienne One Championship FC.