Mixité à l'école: à quoi ressemblent les cours de récré non-genrées?

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Image d'illustration - Enfants dans une cour de récréation - Rémy Gabalda
Image d'illustration - Enfants dans une cour de récréation - Rémy Gabalda

Moins de terrains de foot, pour plus de mixité? Les filles aussi veulent avoir la possibilité de jouer dans les cours de récré, et plusieurs écoles en France ont décidé de réaménager les espaces pour leur laisser davantage de place.

Dans une école de Hem, dans le Nord, par exemple, une des cages de foot a été retirée, le terrain réduit pour laisser place à des espaces communs végétalisés. On arrête surtout de faire du terrain de foot l'élément central de la cour, car on se rend compte que cela laisse les jeunes filles au second plan, comme en témoigne Francis Vercamer, maire UDI d'Hem:

"On avait des équipements qui reléguaient les filles un peu dans les coins. L'idée, c'est essayer de redonner l'espace aux filles dans nos écoles. On est dans des quartiers populaires, il faut absolument dès le plus jeune âge apprendre à vivre ensemble", indique l'édile au micro de BFM Lille.

Des expérimentations depuis 2014

L'idée en elle-même n'est pas récente. La ville de Rennes avait fait partie en 2019 des pionnières dans ces changements des cours de récréation. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, avait également suivi le mouvement en juillet 2020 afin de "débitumiser, dégenrer, végétaliser et potagiser" les cours de récré de sa ville.

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Et depuis 2018, la mairie de Trappes, dans les Yvelines, tente de transformer ses écoles pour favoriser une plus grande mixité dans un espace plus vert. Bref, un phénomène qui ne date pas de cette rentrée donc, comme a tenu à le rappeler Raphaëlle Rémy-Leleu, militante féministe et conseillère Europe Ecologie-Les Verts de Paris, invitée sur BFMTV ce mercredi:

"Cela devient un petit peu un marronnier médiatique, car il faut rappeler que ces cours d'école non-genrées, plus végétalisées et plus accessibles, sont en cours d'expérimentation depuis 2014", affirme Raphaelle Rémy-Leleu. "Il y a eu un rapport du Commissariat à la prospective en 2014 et une étude du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femme en 2017".

Le rapport en question du Commissariat général à la stratégie et à la prospective destiné à Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, faisait état en 2014 d'une "appropriation inégalitaire" de l'espace en milieu scolaire. Il plaidait pour un meilleur apprentissage des "bonnes pratiques d’utilisation mixte de la cour de récréation et des espaces de pratique d’activités sportives ou culturelles."

Raphaelle Rémy-Leleu estime qu'il faut surtout voir ces aménagements comme un moyen de faire intégrer dès le plus jeune âge aux élèves des notions d'égalité:

"Est-ce que je pense qu'il y a un sujet plus important derrière ce rééquilibrage de l'espace scolaire? Oui, je pense que c'est une question d'égalité et que ça va changer des comportements, tant ceux des garçons que ceux des filles. Limiter l'auto-censure des filles, apprendre aux garçons à jouer en mixité" estime-t-elle.

"Favoriser la mixité et l'inclusion"

Depuis une dizaine d'années, l'Arobe, Atelier recherche observatoire égalité, travaille avec différentes collectivités pour étudier la répartition des espaces dans les cours d'école. En septembre 2020, avec la ville de Mérignac, ils ont pu mettre en place une expérimentation d'une semaine dans une école élementaire. Plusieurs espaces créés, un pour les activités plutôt calmes comme la lecture, un autre intermédiaire dédié aux jeux de société ou pour jouer à l'épervier par exemple, et un dernier pour les jeux collectifs, qui ne se font plus nécessairement au centre de la cour.

"L'idée, ce n'est pas de faire disparaître le foot de la cour de récré. Le foot et les jeux de ballon sont toujours là. Mais c'est de donner une place aussi aux autres jeux. Les rendre visibles va favoriser la mixité et l'inclusion", rapportait la fondatrice de l'Arobe, Edith Maruéjouls, à France 3 Régions.

La ville de Bordeaux dit avoir dépensé neuf millions d'euros pour ses nouvelles cours d'école végétalisées et mieux partagées. La mairie de Lille a quant à elle annoncé que ses 79 établissements scolaires seraient végétalisés pour la rentrée. Ces nouvelles cours de récré devraient donc continuer de se développer.

Article original publié sur BFMTV.com

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