La mission Artemis est reportée mais compte bien tenir ses promesses

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ESPACE - Ce ne sera pas pour ce lundi. Suite à un problème technique lors du plein de carburants, le lancement de la mission Artemis ne pourra pas se faire ce 29 août, a annoncé la Nasa. Depuis Cap Canaveral en Floride, la nouvelle fusée SLS (Space Launch System) devait s’élancer à partir de 14 h 33 (heure française) direction la Lune. Cette première étape d’une très longue mission de la Nasa qui a pour but de renvoyer des humains sur la Lune d’ici 2025 ou 2026 est désormais prévue pour vendredi 2 septembre en fin d’après-midi.

Cela ne remet pas en cause la conquête de la Lune (et de Mars) dont Artemis est le projet phare. C’est même le plus ambitieux jamais pensé par la Nasa avec pour objectif de renvoyer des astronautes poser le pied sur la Lune avant de viser Mars sur la prochaine décennie. Le HuffPost revient sur les enjeux de cette mission dans la vidéo en tête de cet article.

Objectif Lune, avant Mars

Pour comprendre comment s’effectuera cette mission, voici les différentes étapes du programme Artemis. La première mission est avant tout de réussir à envoyer une nouvelle fusée vers la Lune et pour le moment, le fait est que cela présente quelques difficultés. Forcément, la dernière fois que la Nasa a envoyé des astronautes sur la Lune, c’était en 1972 et l’objectif reste le même.

Pour ce faire, la Nasa a développé un nouveau lanceur : le Space Launch System, un vaisseau de plus de 100 mètres de haut qui a coûté 4 milliards de dollars. En plus, la capsule Orion sera installée au sommet de la fusée. Cette première étape doit se réaliser sans passager mais doit fonctionner comme si c’était le cas.

« Nous emporterons des mannequins et des répliques de torses pour simuler les tissus et organes humains et examiner la protection contre les radiations, l’environnement radiatif, l’accélération du véhicule, et comment cela affecte l’organisme », a d’ailleurs déclaré le 5 août Debbie Kort, directrice adjointe du programme Orion.

Le vaisseau est censé faire une aller-retour vers la Lune en 25 jours sans se poser. Orion se placera en orbite autour du satellite naturel de la Terre avant de rentrer. Si les missions d’Artemis 1 sont réussies, alors rendez-vous en 2024 pour Artemis 2.

Cette deuxième mission aura pour objectif d’envoyer des humains dans l’espace. Quatre astronautes seront selectionnés pour ce grand voyage direction la Lune. Nous savons déjà qu’un Canadien est séléctionné mais le choix final devrait être annoncé avant la fin de l’année. Mais il faudra attendre Artemis 3 prévue en 2025 ou 2026 pour qu’un astronaute (et pourquoi pas Thomas Pesquet) repose le pied sur la Lune car pour cette deuxième étape, les astronautes ne feront que survoler la Lune.

Et pourquoi pas Mars dès maintenant ?

Pour aller sur Mars, il y a quelques aspects en prendre en compte et pour le moment, retourner sur la Lune, c’est plus prudent selon Sébastien Barde, sous-directeur exploration et vol habité au CNES, « Mars c’est très loin, c’est très compliqué, c’est un gros challenge technologique et donc la Lune ça fait une étape raisonnable pour tester les technologies dont on aura besoin ».

Pour imaginer la distance entre la distance entre la Terre et Mars, sachez que l’ISS, c’est à 400 km, la Lune c’est 400 000 km et Mars est à 40 millions de km. Le trajet risque donc d’être très long et la communication beaucoup plus lente.

« Aller sur Mars c’est minimum 6 mois si Mars offre une bonne configuration avec la Terre sinon ça peut mettre 1 an et demi. Faire vivre des gens dans l’espace pendant 6 mois c’est le maximum que l’on sache faire. Si on va sur Mars, c’est 6 mois de voyage, puis il faut quand même y rester, pas seulement y faire un aller/retour. Il faudra bien qu’ils arrivent en bonne santé donc on parle d’une mission de l’ordre de 2-3 ans, ce qu’on ne sait pas faire » ajoute Sébastien Barde.

Mais au problème de la distance, s’ajoute l’autonomie. Par exemple, dans l’ISS, les astronautes sont régulièrement ravitaillés en nourriture ou en matériel. Or, vers Mars, cela risque d’être plus complexe. Aussi, si un problème doit être gérer depuis la Terre, le temps de communication sera beaucoup long. « Sur Mars, il peut y avoir 20 minutes de délai, ça veut dire que s’ils ont un problème urgent, autant dire qu’il ne faut pas trop compter sur le sol pour trouver une solution » s’inquiète le scientifique.

Sébastien Barde alerte également sur le risque psychologique des astronautes d’être aussi long de la Terre. « À l’ISS, les astronautes voient la Terre par la fenêtre et le fait de voir par exemple la Terre comme un petit point dans l’espace, comme on pourrait voir Mars peut être compliquer. De la Lune ils verront quand même la Terre d’un peu plus loin mais sur Mars ils vont vraiment sentir ce côté d’isolement ».

À voir également sur Le HuffPost : La première sonde lunaire sud-coréenne a décollé

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