Mission accomplie pour le satellite Microscope, qui a vérifié un pilier de la théorie d'Einstein avec une précision record

© CNES/ill./DUCROS David, 2016

Après six ans en orbite, le satellite Microscope va s'arrêter en ayant pleinement accompli sa mission : vérifier le principe d'équivalence de la relativité générale avec une précision jamais atteinte.

"Et à la fin, c’est toujours Einstein qui gagne", serait-on tenté de dire, un peu las… Les derniers résultats de l’expérience Microscope ont été révélés ce mercredi 14 septembre 2022 par le Cnes. Ils apportent une confirmation éclatante à l’une des prédictions les plus fondamentales de la théorie de la relativité générale : le principe d’équivalence. Il vient d’être vérifié avec une précision de 10^-15, repoussant d’un facteur dix celle déjà époustouflante obtenue par . Cette fois, les chercheurs n'iront pas plus loin : les instruments ont donné tout ce qu’ils pouvaient. Ce résultat servira désormais de garde-fou pour tous ceux qui souhaiteraient "revisiter" la théorie de la relativité générale, afin de résoudre certaines énigmes comme la matière noire, ou l’accélération de l’expansion de l’Univers. Quelles que soient les retouches apportées à la théorie, elles devront respecter ce principe d’équivalence, à 10^-15 près, bien maigre interstice pour rêver à une nouvelle physique.

Masse inertielle contre masse gravitationnelle

L’équivalence dont il est question dans ce fameux principe concerne la masse gravitationnelle et la masse inertielle. La masse gravitationnelle d’un corps est proportionnelle à la quantité de matière qu’il contient. C’est la plus intuitive pour nous. Elle nous est rappelée lorsqu’on se laisse abuser par les plaisirs de la table : plus on contient d’atomes et plus cela se ressent sur la balance. La masse inertielle correspond à la résistance au mouvement d’un corps. Une pichenette suffit à faire rouler une bille. La même pichenette sur une boule de pétanque vous ruinera le doigt sans la faire bouger d’un iota. Le principe d’équivalence établit une égalité parfaite entre ces deux masses, ce qui n’a rien d’évident au premier abord. La conséquence de cette égalité est que la chute d’un corps ne dépend pas de sa masse, et qu’une plume tombe à la même vitesse (dans le vide) qu’une bille de plomb. Pourtant, d’après Newton, la bille de plomb est davantag[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi